À l’abri des regards, au cœur de la Black Isle, Newhall Mains renaît comme un secret bien gardé des Highlands. Restauré avec une fidélité rare à son héritage, ce domaine familial cultive une élégance discrète, loin des clichés écossais. Entre lumière du nord, silence des terres agricoles et hospitalité sincère, Euan Ramsay dévoile pour VDA l’âme profonde de cette adresse singulière où le temps semble suspendu.

VDA — Newhall Mains mêle héritage écossais et élégance contemporaine. Comment décririez‑vous l’âme du lieu à des voyageurs français qui le découvriront pour la première fois ?
Euan Ramsay — Newhall Mains est, avant tout, une maison de famille. Après plus de cinquante ans d’abandon, nous avons entrepris sa restauration en 2019 avec une conviction forte : préserver l’authenticité des bâtiments bicentenaires et rester fidèles à leur histoire. Cette fidélité se ressent dans chaque détail de l’expérience que nous offrons.

Le domaine se situe au cœur de la Black Isle, une péninsule paisible au nord d’Inverness, baignée d’une lumière singulière, bordée par la mer sur trois côtés, avec les Highlands en toile de fond. Les bâtiments, issus d’un ancien Highland steading, abritent des intérieurs chaleureux, profonds, où rien n’est ostentatoire.
Pour un voyageur français, l’esprit du lieu évoque peut-être une grande maison de campagne en Bourgogne ou dans le Luberon : un endroit où le paysage, la cuisine et l’accueil forment un tout, et où l’on est reçu avec sincérité plutôt qu’avec apparat.

VDA — Les paysages qui entourent votre domaine semblent incarner l’essence même des Highlands. Quels moments marquent le plus vos visiteurs en quête d’une Écosse authentique ?
Euan Ramsay — Ce qui frappe d’abord, c’est le silence. La Black Isle est une terre agricole bordée par les firths de Cromarty et de Moray : un paysage vert, fertile, très différent des Highlands escarpés que l’on imagine souvent.
Les souvenirs les plus forts sont souvent des instants suspendus :
- des dauphins bottlenose surgissant à quelques mètres du rivage à Chanonry Point, juste avant le coucher du soleil ;
- l’atterrissage sur notre piste en herbe à bord d’un petit avion, avec le Cromarty Firth et Ben Wyvis emplissant le pare‑brise ;
- un dîner de mi‑été dans notre restaurant Spruce, installé dans un ancien grenier à grain, lorsque la lumière se prolonge presque jusqu’à minuit ;
- un verre de Singleton ou de Dalmore, distillés à quelques kilomètres seulement.
Ce sont ces moments simples, presque intimes, qui restent gravés dans la mémoire de nos hôtes.

VDA — Les voyageurs français sont sensibles à l’hospitalité raffinée et à l’attention portée aux détails. Quels gestes incarnent le mieux votre approche du confort et du soin personnalisé ?
Euan Ramsay — Notre conception du soin repose sur l’anticipation, non sur la mise en scène. Nous accueillons une vingtaine d’hôtes seulement, ce qui nous permet de les connaître réellement : le livre posé sur leur table de chevet, la bouteille qu’ils ont appréciée au dîner, la promenade qui correspond à leur rythme.
Matt Heeley, passé par The Newt in Somerset, dirige la cuisine de Spruce avec une rigueur tranquille et un profond attachement aux produits locaux — cultivés, cueillis ou pêchés à proximité.
Nous disposons également de l’une des plus belles collections de whisky du nord de l’Écosse, et notre piste d’atterrissage privée permet aux voyageurs arrivant en petit avion d’être à la porte en quelques minutes.
Mais les attentions qui comptent le plus sont souvent les plus simples :
- un feu allumé à l’arrivée,
- un déjeuner préparé selon la destination du jour,
- un verre servi avant même que l’on ait pensé à le demander

Newhall Mains, restauré par Euan Ramsay, s’impose comme l’une des adresses les plus authentiques des Highlands. Situé sur la Black Isle, le domaine mêle héritage écossais, hospitalité raffinée et expériences naturelles uniques. Cette interview exclusive pour VDA éclaire la vision d’un propriétaire attaché à la sincérité du lieu et à la transmission d’un patrimoine familial.






