À la tête de l’Hôtel de Montesquieu, Pierre Bontemps orchestre la renaissance d’une adresse parisienne confidentielle devenue un refuge 5 étoiles prisé à l’approche de Roland-Garros 2026.
Entre rénovation ambitieuse, vision du luxe contemporain et exigence du détail, il dévoile les ambitions qui façonnent l’avenir de son établissement.
PRESENTATION
Rue Frédéric Bastiat, dans une rue tranquille du 8e arrondissement, derrière une fière façade haussmannienne et ses balcons aux 2e et 5e étages, se dissimule l’une des adresses les plus confidentielles du Triangle d’Or. Pierre Bontemps, hôtelier depuis 2008 débute dans le Marais avec l’Hôtel Charles V, dont il impose le style gustavien avec une conviction tranquille a fait de ce second opus une création à part entière. 26 chambres exiguës ont été fondues, repensées, reconstruites pour donner naissance à dix-huit suites et chambres généreuses, de 22 à 37 m². Tout est neuf les volumes, les matières, les espaces à l’exception de quelques pièces de mobilier et de décoration orientales soigneusement préservées de l’ancien hôtel Daniel, et qui sont devenues l’âme de la maison. L’Hôtel de Montesquieu est un luxe confidentiel.
VDA/ Monsieur Bontemps, vous avez engagé une transformation profonde de l’Hôtel de Montesquieu. Quelle vision a guidé cette rénovation et comment souhaitez-vous repositionner l’établissement dans le paysage hôtelier parisien ?
La première décision a été la plus radicale et sans doute la plus révélatrice de notre état d’esprit. L’ancien hôtel Daniel comptait 26 chambres. Nous en avons fait 18. 18 suites et chambres de 22 à 37 m², reconstruites entièrement à neuf, avec des proportions généreuses que les murs d’origine ne permettaient pas. C’est un choix qui se paie, comptablement. Mais c’est le seul choix cohérent avec l’idée que nous nous faisions du lieu.
Tout a été repris de fond en comble avec l’architecte d’intérieur Elliott Barnes, un homme qui sculpte la lumière et redéfinit les espaces avec une précision d’orfèvre. Les moulures restaurées à la main. Les suites peintes dans trois tons : sienna, bleu ardoise, terra cotta. Les papiers peints Élitis choisis un à un. Et au cœur de chaque chambre, une clé en métal véritable, comme dans une maison particulière. Pas un bip de carte magnétique. Ce détail dit tout.
De l’ancien Daniel, nous n’avons emporté que l’essentiel : quelques pièces de mobilier et de décoration venues d’Orient, héritées de son propriétaire libanais. Ces objets rescapés ont tout orienté : c’est par eux que nous avons pensé à la Route de la Soie, puis aux Lettres persanes, puis à Montesquieu lui-même, ce philosophe des Lumières qui fait voyager deux Persans dans Paris avec autant d’ironie que de tendresse. Le nom s’est imposé. Une adresse neuve, portant la mémoire de ce qui fut.
À l’approche de Roland-Garros 2026, l’Hôtel de Montesquieu est présenté comme un refuge privilégié pour les visiteurs du tournoi.
VDA/ Comment préparez-vous l’établissement à cet événement majeur ?
Roland-Garros attire des visiteurs qui savent exactement ce qu’ils veulent et qui n’ont aucune patience pour l’à-peu-près. Cette exigence me convient parfaitement.
Dès la conception, nous avons imaginé un hôtel pensé pour ce type de clientèle. Avec seulement 18 clefs, nous offrons une intimité que les grandes structures ne peuvent pas se permettre. Certaines suites, côté rue, s’ouvrent sur un long balcon avec vue sur la tour Eiffel. D’autres, côté cour, garantissent un silence absolu après une journée animée. À chacun son Paris. Les baignoires pattes de lion installées au cœur des salles de bains, les produits Fragonard, le room service élaboré avec les meilleurs restaurants du quartier : autant d’attentions concrètes qui comptent quand on rentre épuisé et qu’on souhaite, simplement, que tout soit parfait.
Pour Roland-Garros, nous ne préparons pas un dispositif événementiel. Nous nous appliquons à être ce que nous sommes, mais à la perfection. Un refuge de 18 suites et chambres où l’on est connu, attendu, où le réceptionniste a déjà pensé à la table du soir, où le room service ne déçoit jamais, où l’honesty bar du soir fait de l’hôtel un lieu vivant, pas seulement un endroit où dormir. Un véritable pied-à-terre parisien, le meilleur qu’on puisse imaginer.
VDA/ Vous êtes souvent décrit comme un dirigeant attaché à la qualité et à la relation humaine. Comment cette philosophie se traduit-elle dans la gestion quotidienne de l’Hôtel de Montesquieu ?
Il existe à Paris des lieux rêvés qu’on aimerait ne jamais quitter. Nous avons voulu que le Montesquieu en soit un. Cela commence par des espaces généreux, lumineux, faciles à vivre — mais cela ne s’arrête pas là. L’hospitalité véritable n’est jamais une affaire d’architecture : elle naît entre les personnes.
Montesquieu écrivait qu’il n’avait jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’eût dissipé. Nous avons pris cette phrase au sérieux. Les livres, soigneusement choisis et dispersés dans les salons, invitent à s’installer, à s’attarder, à laisser Paris continuer sans soi, le temps d’un chapitre. C’est une certaine idée du luxe : offrir du temps, pas seulement du confort.
J’ai débuté dans ce métier avec le Charles V en 2008 — 22 chambres et suites dans le Marais, un style gustavien. L’exigence de servir, avec le plus grand soin, ne m’a jamais quitté. Au Montesquieu, tout est neuf, mais rien n’est arbitraire. Chaque matière a une raison d’être, chaque attention est sincère. Avec 18 clefs, nous restons à taille humaine. Nous connaissons nos hôtes, nous les reconnaissons, nous anticipons. Cher voyageur d’ici ou d’ailleurs, visiteur curieux, amateur d’art, amoureux : cette maison est la vôtre.
L’équipe de réception, menée par Philippe Cassar, parle 18 langues. Elle veille sur chaque détail. De l’homme d’étage qui saisit vos bagages et les dépose dans votre chambre, au réceptionniste ou au concierge qui organise votre journée, tout est fait avec le sourire du cœur.





