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Aide au développement : L’Afrique doit dire stop au paternalisme

Portrait de Christian de Boissieu, économiste français, spécialiste des questions monétaires et de la régulation financière.

Alors que le monde fait face à des incertitudes géopolitiques et économiques majeures, l’Afrique cherche à imposer une nouvelle voix au cœur des débats mondiaux. Lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, le Professeur Christian de Boissieu — vice-président du Cercle des économistes — revient sur la nécessité de sortir de la dépendance à l’aide internationale pour bâtir des co-coopérations stratégiques autour des minerais rares et du capital naturel.

Une interview exclusive initialement réalisée par Christine Holzbauer pour notre confrère Financial Afrik.

Rencontres d’Aix-en-Provence : Quelle place pour les voix et think tanks africains ?

Financial Afrik (Christine Holzbauer) : Vous venez de réunir à Aix 490 intervenants de 53 pays dans 90 panels de haut niveau, incluant 55 think tanks du Nord comme du Sud. L’ambition est de faire de cet espace le laboratoire d’une nouvelle « grammaire de la résilience ». Mais qu’en est-il des voix africaines : portent-elles une posture offensive (mines, marché carbone, hydrogène vert) face à la traditionnelle demande d’aide au développement ?

Christian de Boissieu : C’est la deuxième année que le Cercle des économistes réunit la plupart des think tanks du Sud comme du Nord, et l’Afrique y participe activement. Les objectifs sont multiples et convergents :

  • Échanger et s’informer des méthodes mises en œuvre ;
  • Nouer des collaborations sur des sujets d’intérêt commun ;
  • Garantir l’indépendance scientifique de chaque partenaire.

Tout cela en respectant le principe qui, désormais, doit présider aux relations Nord-Sud (comme aux relations Nord-Nord ou Sud-Sud) : des partenariats équilibrés et cogérés doivent remplacer les aides et les décisions unilatérales.

De mon côté, présidant la Fondation Concorde et intervenant comme senior fellow au Policy Center for the New South marocain, je vois concrètement sur le terrain les avantages partagés des partenariats méditerranéens. Les mêmes attentes concernent les think tanks de l’Afrique subsaharienne.

Réformes économiques : Vers une revalorisation du capital naturel et du PIB mondial ?

Financial Afrik : À l’instar de l’Inde qui conteste l’hégémonie du PIB, l’Afrique abrite des actifs mondiaux vitaux non comptabilisés (comme le Bassin du Congo, premier poumon vert de la planète). Comment intégrer la nécessité de redéfinir ce « mètre-ruban » de la richesse mondiale pour y inclure le capital naturel et les services écosystémiques fournis par le Sud ?

Retrouvez l’intégralité de cet entretien sur le site de Financial Afrik

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