Par Josefina Rodriguez, Économiste et stratégiste chez Vanguard.
La Banque centrale européenne (BCE) tient sa nouvelle réunion de politique monétaire. Selon nos prévisions, l’institution de Francfort devrait laisser ses taux directeurs inchangés. Ainsi, le taux de la facilité de dépôt resterait fixé à 2,25 %.
Certes, l’inflation s’est récemment modérée en zone euro. Cependant, le regain de tensions au Moyen-Orient et la hausse des prix de l’énergie imposent la prudence. Le Conseil des gouverneurs conservera donc une approche fondée strictement sur les données.
Synthèse de l’analyse Vanguard :
- Décision attendue : Statut quo sur les taux directeurs en juillet (taux de dépôt à 2,25 %).
- Inflation : Le ralentissement à 2,8 % rassure, mais les prix de l’énergie restent sous tension.
- Croissance : L’économie montre des signes de stabilisation après un premier trimestre difficile (-0,2 %).
- Perspectives : Une ultime hausse de 25 points de base demeure probable d’ici la fin de l’année.
1. Une pause logique après les décisions de juin
En juin dernier, la BCE a réagi à la hausse des risques d’inflation. Par conséquent, l’institution a relevé ses taux de 25 points de base.
Depuis cette réunion, les indicateurs économiques évoluent conformément aux prévisions. En effet, la baisse de l’inflation sous-jacente compense l’instabilité des prix de l’énergie. Dès lors, le Conseil des gouverneurs peut s’accorder une pause tactique en juillet.
2. Une inflation en repli, mais des incertitudes géopolitiques
Les chiffres définitifs de l’IPCH pour le mois de juin apportent de bonnes nouvelles. En effet, l’inflation globale ralentit pour atteindre 2,8 % (contre 3,2 % en mai). De plus, l’inflation sous-jacente s’établit désormais à 2,4 %.
Évolution des indicateurs d'inflation (Zone Euro)
┌─────────────────────────────────────────────────────────┐
│ Mai : 3,2 % ➔ Juin : 2,8 % (Inflation globale) │
│ Mai : 2,9 % ➔ Juin : 2,4 % (Inflation sous-jacente) │
└─────────────────────────────────────────────────────────┘
Cependant, les risques n’ont pas totalement disparu. La volatilité du cours du pétrole menace le processus de désinflation. De ce fait, les banquiers centraux surveillent étroitement l’évolution du conflit au Moyen-Orient.
3. Une croissance économique en quête de stabilisation
L’activité économique en zone euro donne des signes de redressement. Par exemple, l’indice PMI de juin montre une baisse des pressions sur les coûts de production. De même, les chaînes d’approvisionnement connaissent moins de perturbations.
Néanmoins, la reprise reste fragile :
- Le PIB de la zone euro s’est contracté de 0,2 % au premier trimestre.
- La demande globale manque encore de dynamisme.
- Les risques sur la croissance à court terme restent orientés à la baisse.
Malgré ces difficultés, notre scénario central prévoit un redressement progressif de l’activité au second semestre.
4. Communication de Christine Lagarde : aucune porte ne sera fermée
La présidente Christine Lagarde évitera d’engager la BCE pour la réunion de septembre. En effet, cette session de juillet ne s’accompagne pas de nouvelles projections macroéconomiques.
Par conséquent, la BCE réaffirmera trois principes clés :
- Une dépendance totale aux données économiques à venir.
- Une prise de décision réunion par réunion.
- L’absence d’engagement préalable pour la rentrée.
Notre scénario : une dernière hausse de taux d’ici la fin de l’année
En conclusion, la BCE maintient une posture vigilante. Nous anticipons une dernière hausse de 25 points de base d’ici la fin de l’année, très probablement lors de la réunion de septembre.
Cette décision porterait le taux de dépôt à 2,50 %. Ainsi, la BCE s’assurerait de maîtriser durablement les anticipations d’inflation face aux incertitudes énergétiques.





