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Maria Angela Previtera : « À la Villa Carlotta, le lieu devient langage »

Portrait de Maria Angela Previtera dans les jardins de la Villa Carlotta, entourée d’œuvres et de paysages qui inspirent sa démarche curatoriale.

VDA — Votre travail à la Villa Carlotta vous amène à revisiter des périodes artistiques très différentes, du romantisme au XXᵉ siècle. Quels critères guident votre démarche curatoriale dans un cadre aussi chargé d’histoire ?

Maria Angela Previtera — En tant que directrice du musée et du jardin botanique, ma démarche part toujours du contexte : l’histoire de la Villa, ses strates successives, et le lien intime qui unit arts visuels, paysage et collections. Le principe directeur est celui du dialogue : dialogue entre les époques, entre les langages artistiques, entre l’intérieur et l’extérieur. Il ne s’agit pas de superposer une exposition à un lieu, mais de révéler les connexions déjà présentes, de faire de la Villa elle‑même une composante du récit muséographique.

VDA — Vous avez récemment co‑organisé des expositions consacrées à Canova, Thorvaldsen, Hayez ou encore Luisa Albertini. Comment choisissez‑vous les artistes ou les thèmes qui incarnent le mieux l’identité culturelle de la Villa Carlotta ?

Maria Angela Previtera — Le choix s’inscrit toujours dans une réflexion sur l’identité culturelle de la Villa et sur son histoire de collectionneuse. Des figures comme Canova, Thorvaldsen ou Hayez dialoguent naturellement avec le patrimoine historique du lieu. D’autres projets, tels que celui dédié à Luisa Albertini, ouvrent des perspectives nouvelles, introduisant des sensibilités contemporaines. L’objectif est de construire un récit cohérent, capable d’allier racines historiques et vision actuelle.

VDA — La Villa Carlotta valorise de plus en plus son parc et son patrimoine paysager. Comment intégrez‑vous les aspects naturels et botaniques dans votre travail ?

Maria Angela Previtera — Le parc n’est pas un simple décor : c’est une partie essentielle de l’expérience culturelle. Nous le considérons comme un texte à lire, au même titre que les œuvres d’art. Cela implique de concevoir des projets liés aux saisons, à la biodiversité, et à l’histoire même du jardin.

Un exemple significatif est le projet de végétalisation de Maria Dompè, réalisé avec l’artiste et les jardiniers de la Villa. Il met en valeur une zone reliant le jardin botanique à la partie boisée et agricole du domaine. Ce projet, soutenu par le PNRR Parcs et Jardins Historiques, a permis d’ouvrir de nouveaux accès au public et de répondre aux enjeux du changement climatique en introduisant des essences plus adaptées.

Le 18 septembre, nous inaugurerons également une exposition consacrée au bicentenaire de Georges II de Saxe‑Meiningen, figure centrale de l’évolution du parc, réinterprétée à travers sa relation au jardin comme espace de vision culturelle.

À une échelle plus intime, l’exposition « Salutations de la Villa Carlotta », inaugurée ce printemps, utilise des cartes postales historiques pour retracer l’évolution du paysage et la manière dont la Villa a été perçue et vécue par des générations de visiteurs.

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