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RDC : l’épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo classée urgence internationale par l’OMS

Équipe médicale en tenue de protection opérant dans une zone touchée par l’épidémie d’Ebola Bundibugyo en Ituri, illustrant la riposte sanitaire.

La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle épidémie d’Ebola, provoquée cette fois par le virus Bundibugyo, dans la province d’Ituri, au nord‑est du pays. Il s’agit de la 17ᵉ épidémie d’Ebola recensée depuis l’identification du virus en 1976, un triste record qui rappelle la vulnérabilité persistante de la région face aux fièvres hémorragiques. Le Directeur général de l’OMS a d’ailleurs classé cette flambée, déclarée le 15 mai 2026, comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), soulignant la nécessité d’une coordination internationale renforcée pour organiser la riposte.

Cette épidémie survient dans un contexte humanitaire et sécuritaire particulièrement instable, marqué par l’insécurité chronique, des populations très mobiles, des flux transfrontaliers liés notamment à l’exploitation minière, ainsi que la présence de communautés de réfugiés. Autant de facteurs qui compliquent la surveillance épidémiologique et favorisent la propagation du virus. Contrairement à la maladie à virus Ebola classique, il n’existe aucun vaccin homologué ni traitement spécifique contre le virus Bundibugyo, ce qui oblige les autorités à miser sur des mesures de santé publique globales : soins de soutien, dépistage précoce, traçage rigoureux des contacts, pratiques d’inhumation sûres, et une forte implication communautaire.

Les autorités sanitaires de RDC et d’Ouganda ont activé leurs mécanismes nationaux de coordination des urgences et déployé des équipes chargées de renforcer la surveillance, les analyses de laboratoire, la prévention et le contrôle des infections, ainsi que la prise en charge clinique. L’OMS et ses partenaires internationaux soutiennent ces efforts par l’envoi d’experts, la fourniture de matériel médical et le renforcement des systèmes de coordination. Dans les zones touchées, des cellules de surveillance dédiées ont été mises en place pour améliorer la détection rapide des cas suspects, notamment en cas de décès communautaires inexpliqués ou de foyers de maladies fébriles.

Face à des cas suspects de transmission nosocomiale et à plusieurs décès parmi le personnel soignant, les mesures de prévention et de contrôle des infections ont été renforcées dans les établissements de santé : cartographie des structures, systèmes de triage, formation du personnel, distribution d’équipements de protection individuelle. Des centres de traitement spécialisés et des unités d’isolement ont été installés à proximité des épicentres pour assurer une prise en charge intensive des cas suspects et confirmés, tandis que les filières de transfert des patients ont été sécurisées pour limiter les risques de contamination.

La coopération transfrontalière s’intensifie également, avec un renforcement de la surveillance aux points de passage, des systèmes d’alerte rapide et des exercices conjoints de préparation. L’OMS, de son côté, déconseille toute restriction aux voyages et au commerce, estimant que la fermeture des frontières pourrait au contraire favoriser des déplacements vers des zones non contrôlées.

Sur le plan scientifique, l’absence de contre‑mesures médicales approuvées contre le virus Bundibugyo mobilise la communauté internationale. L’OMS encourage l’accélération des efforts de recherche et développement, l’évaluation de vaccins candidats, la préparation des pays à la mise en œuvre d’essais cliniques, ainsi que le renforcement des capacités de diagnostic et des systèmes de chaîne du froid. Une course contre la montre s’engage pour doter les équipes de terrain d’outils thérapeutiques adaptés, alors que l’épidémie continue de progresser dans une région où chaque flambée virale met à l’épreuve des systèmes de santé déjà fragilisés.

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