Le 25 octobre 2026 marque une nouvelle étape dans la vie politique serbe. Après quatorze années durant lesquelles le Parti progressiste serbe (SNS) a occupé une place centrale dans la conduite du pays, Aleksandar Vučić a reconnu la défaite de son camp aux élections législatives anticipées. Face à lui, une liste issue du mouvement étudiant, née de près de deux années de contestation, est parvenue à obtenir une majorité parlementaire. Cette alternance intervient dans un contexte de mobilisation sociale engagé à Novi Sad, à l’automne 2024.
À l’origine de cette mobilisation, un drame. Le 1er novembre 2024, l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad provoque la mort de seize personnes. La gare avait fait l’objet de travaux de rénovation dans le cadre de la modernisation du réseau ferroviaire serbe. Rapidement, des interrogations apparaissent sur les conditions de réalisation du chantier et les responsabilités liées à cette catastrophe. Des manifestants dénoncent un manque de transparence et évoquent de possibles faits de corruption. La contestation prend progressivement une dimension plus large, dépassant les circonstances de l’accident.

Les étudiants occupent une place importante dans cette mobilisation. Les blocages universitaires se multiplient, accompagnés de rassemblements dans plusieurs villes du pays. Au fil des mois, enseignants, agriculteurs, professions libérales et citoyens de différentes générations rejoignent les manifestations. À Belgrade, certains rassemblements réunissent plusieurs centaines de milliers de personnes. Initialement centrées sur l’établissement des responsabilités dans la catastrophe, les revendications évoluent vers des demandes de réformes institutionnelles et l’organisation d’élections anticipées.
Pour comprendre le contexte de cette contestation, il convient de revenir sur le parcours d’Aleksandar Vučić. Entré en politique au sein du Parti radical serbe de Vojislav Šešelj, formation ultranationaliste, il occupe le poste de ministre de l’Information sous Slobodan Milošević entre 1998 et 2000. En 2008, il participe à la création du SNS, qui adopte une orientation davantage favorable à l’intégration européenne. Vice-Premier ministre en 2012, Premier ministre à partir de 2014, puis président de la République en 2017, Vučić devient progressivement l’une des principales figures de la vie politique serbe.
Sous son influence, les gouvernements successifs ont mis l’accent sur la modernisation des infrastructures, le développement économique et l’attraction des investissements étrangers. Sur le plan diplomatique, Belgrade a poursuivi une politique de diversification de ses partenariats, entre rapprochement avec l’Union européenne et maintien de relations étroites avec la Russie et la Chine. Cette période a également été marquée par des accusations de corruption, de clientélisme et de manque de transparence institutionnelle, formulées par une partie de la population et de l’opposition. Des critiques ont aussi porté sur les pressions exercées sur certains médias indépendants et sur la place importante accordée au pouvoir dans le paysage médiatique serbe. Dans le même temps, le SNS a développé une implantation politique importante à l’échelle nationale et locale.
C’est dans ce contexte que le mouvement étudiant s’est progressivement constitué en alternative électorale. Sa particularité réside notamment dans sa composition. La Liste étudiante ne s’articule pas autour d’un dirigeant unique et rassemble des personnalités aux sensibilités politiques diverses. Elle réunit notamment des profils de gauche, des libéraux, des conservateurs et des personnalités nationalistes. Malgré leurs différences, ses membres se retrouvent autour d’objectifs communs, parmi lesquels l’alternance politique et la réforme des institutions.
Cette diversité s’est accompagnée d’un soutien électoral provenant de différents horizons politiques et sociaux. Elle soulève néanmoins des interrogations sur la capacité de la nouvelle majorité à définir une ligne commune. Si les questions de transparence institutionnelle, d’indépendance de la justice et de fonctionnement démocratique semblent constituer des priorités partagées, des divergences pourraient apparaître sur les politiques économiques, sociales ou diplomatiques. Le passage d’un mouvement de contestation à une majorité gouvernementale constituera donc une étape importante.
Durant la campagne électorale, les représentants du mouvement étudiant ont multiplié les rencontres avec les électeurs, notamment dans les villes de province et les zones rurales. Ces rencontres ont constitué un moyen de présenter leurs propositions directement aux électeurs. Elles se sont déroulées dans un environnement médiatique où la présence du SNS occupait une place importante, une situation régulièrement critiquée par une partie de l’opposition.
Le scrutin du 25 octobre a suscité une participation particulièrement élevée. Deux heures avant la fermeture des bureaux de vote, celle-ci approchait déjà les 65 %, un niveau rarement atteint depuis les élections de 2000. Le soir même, Aleksandar Vučić reconnaît la défaite de son camp : « Il est clair que nous avons perdu ces élections. » Il attribue toutefois le résultat à des influences étrangères, mettant en cause plusieurs pays européens et certains réseaux politiques américains. Ces accusations n’ont pas été étayées publiquement lors de sa déclaration.
De son côté, Ilija Srdanović annonce la victoire du mouvement devant ses sympathisants. Les résultats communiqués après les nouveaux votes organisés dans plusieurs bureaux attribuent environ 53 % des suffrages à la Liste étudiante et une majorité absolue au Parlement. Le scrutin se déroule dans un climat de fortes tensions politiques, tandis que plusieurs irrégularités sont signalées. Malgré ce contexte, Vučić reconnaît sa défaite et les célébrations se multiplient dans les rues de Belgrade.
La nouvelle majorité devra désormais traduire ses engagements en décisions politiques. Les attentes exprimées durant les manifestations concernent notamment la transparence des institutions, l’indépendance de la justice et le fonctionnement de l’administration. Leur mise en œuvre dépendra de la capacité des différentes composantes de la Liste étudiante à s’accorder sur des priorités communes, mais aussi de leurs relations avec les institutions et les collectivités locales, où le SNS conserve une implantation importante.
Sur le plan international, cette alternance intervient dans un contexte diplomatique particulier. Depuis plusieurs années, la Serbie cherche à maintenir des relations avec différents partenaires, dont les intérêts ne sont pas toujours convergents. L’Union européenne demeure son principal partenaire commercial et une source majeure d’investissements. Parallèlement, Belgrade entretient des relations économiques, énergétiques et diplomatiques avec la Russie et la Chine. Cette orientation repose sur des intérêts qui dépassent les seuls choix des gouvernements successifs.
À Bruxelles, l’arrivée d’une nouvelle majorité pourrait ouvrir une nouvelle phase dans les discussions sur l’adhésion européenne. Candidate depuis 2012, la Serbie reste engagée dans un processus marqué par plusieurs difficultés, notamment concernant l’État de droit, la normalisation des relations avec le Kosovo et l’alignement sur la politique étrangère européenne. Certaines orientations annoncées par le mouvement étudiant portent sur des domaines également abordés dans les discussions entre Belgrade et Bruxelles. Il reste toutefois à déterminer dans quelle mesure la nouvelle majorité souhaitera modifier les orientations diplomatiques du pays.
Les relations avec la Russie constituent à cet égard un enjeu important. La Serbie entretient avec Moscou des liens historiques, culturels et énergétiques. Depuis l’invasion de l’Ukraine, elle n’a pas rejoint les sanctions européennes contre la Russie. Au sein du mouvement étudiant, les positions sur cette question ne sont pas uniformes. Une évolution éventuelle de la politique serbe dépendra donc des arbitrages internes à la coalition, mais également des intérêts économiques et diplomatiques du pays.
La Chine occupe également une place importante dans les relations extérieures serbes. Au cours des dernières années, les entreprises chinoises ont participé à plusieurs projets dans les infrastructures, l’industrie et les transports. La liaison ferroviaire Belgrade-Budapest, intégrée à un corridor reliant l’Europe centrale au port grec du Pirée, illustre cette coopération. Les interrogations soulevées après la catastrophe de Novi Sad pourraient conduire les nouvelles autorités à réexaminer certaines procédures de marchés publics et de suivi des chantiers. Cela ne préjuge toutefois pas de l’évolution générale des relations économiques entre Belgrade et Pékin.
Les conséquences de cette alternance pourraient également se faire sentir dans les Balkans occidentaux. La question du Kosovo reste l’un des principaux enjeux diplomatiques de la Serbie. Malgré leurs divergences politiques, plusieurs composantes du mouvement étudiant défendent le maintien de la position serbe de non-reconnaissance de l’indépendance proclamée en 2008. Sur ce dossier, un changement de majorité n’implique donc pas nécessairement une modification de la position officielle de Belgrade.
En Bosnie-Herzégovine, les relations entre la Serbie et la Republika Srpska feront également l’objet d’une attention particulière. Milorad Dodik, longtemps proche de Vučić, a entretenu des relations politiques régulières avec Belgrade. L’arrivée d’une nouvelle majorité pourrait conduire à une évolution de ces échanges, sans qu’il soit encore possible d’en mesurer la portée. Les relations avec la Macédoine du Nord, le Monténégro et l’Albanie dépendront également des priorités régionales du futur gouvernement, notamment en matière de coopération économique, de transports et d’intégration européenne.
Par sa position géographique, son poids économique et ses relations avec les principales puissances internationales, la Serbie occupe une place importante dans les équilibres des Balkans occidentaux. Les orientations retenues par la nouvelle majorité seront donc suivies avec attention, tant par les États voisins que par l’Union européenne, la Russie et la Chine.
Cette alternance ouvre désormais une nouvelle page de l’histoire politique serbe, mais soulève autant de questions qu’elle suscite d’attentes. Quel impact ce changement de majorité aura-t-il sur les équilibres géopolitiques des Balkans occidentaux et sur les relations de Belgrade avec l’Union européenne, la Russie et la Chine ? Les divergences politiques au sein du mouvement étudiant, qui ont jusqu’ici permis de rassembler des sensibilités très différentes autour d’un objectif commun, constitueront-elles une force ou, au contraire, une faiblesse sur le long terme ? Après avoir réussi à s’unir pour obtenir l’alternance, les étudiants devront désormais relever un défi différent : celui de gouverner ensemble.
Serbie : après la victoire des étudiants, quel avenir pour les Balkans ?
Le 25 octobre 2026 marque une nouvelle étape dans la vie politique serbe. Après quatorze années durant lesquelles le Parti progressiste serbe (SNS) a occupé une place centrale dans la conduite du pays, Aleksandar Vučić a reconnu la défaite de son camp aux élections législatives anticipées. Face à lui, une liste issue du mouvement étudiant, née de près de deux années de contestation, est parvenue à obtenir une majorité parlementaire. Cette alternance intervient dans un contexte de mobilisation sociale engagé à Novi Sad, à l’automne 2024.
À l’origine de cette mobilisation, un drame. Le 1er novembre 2024, l’effondrement de l’auvent de la gare de Novi Sad provoque la mort de seize personnes. La gare avait fait l’objet de travaux de rénovation dans le cadre de la modernisation du réseau ferroviaire serbe. Rapidement, des interrogations apparaissent sur les conditions de réalisation du chantier et les responsabilités liées à cette catastrophe. Des manifestants dénoncent un manque de transparence et évoquent de possibles faits de corruption. La contestation prend progressivement une dimension plus large, dépassant les circonstances de l’accident.
Les étudiants occupent une place importante dans cette mobilisation. Les blocages universitaires se multiplient, accompagnés de rassemblements dans plusieurs villes du pays. Au fil des mois, enseignants, agriculteurs, professions libérales et citoyens de différentes générations rejoignent les manifestations. À Belgrade, certains rassemblements réunissent plusieurs centaines de milliers de personnes. Initialement centrées sur l’établissement des responsabilités dans la catastrophe, les revendications évoluent vers des demandes de réformes institutionnelles et l’organisation d’élections anticipées.
Pour comprendre le contexte de cette contestation, il convient de revenir sur le parcours d’Aleksandar Vučić. Entré en politique au sein du Parti radical serbe de Vojislav Šešelj, formation ultranationaliste, il occupe le poste de ministre de l’Information sous Slobodan Milošević entre 1998 et 2000. En 2008, il participe à la création du SNS, qui adopte une orientation davantage favorable à l’intégration européenne. Vice-Premier ministre en 2012, Premier ministre à partir de 2014, puis président de la République en 2017, Vučić devient progressivement l’une des principales figures de la vie politique serbe.
Sous son influence, les gouvernements successifs ont mis l’accent sur la modernisation des infrastructures, le développement économique et l’attraction des investissements étrangers. Sur le plan diplomatique, Belgrade a poursuivi une politique de diversification de ses partenariats, entre rapprochement avec l’Union européenne et maintien de relations étroites avec la Russie et la Chine. Cette période a également été marquée par des accusations de corruption, de clientélisme et de manque de transparence institutionnelle, formulées par une partie de la population et de l’opposition. Des critiques ont aussi porté sur les pressions exercées sur certains médias indépendants et sur la place importante accordée au pouvoir dans le paysage médiatique serbe. Dans le même temps, le SNS a développé une implantation politique importante à l’échelle nationale et locale.
C’est dans ce contexte que le mouvement étudiant s’est progressivement constitué en alternative électorale. Sa particularité réside notamment dans sa composition. La Liste étudiante ne s’articule pas autour d’un dirigeant unique et rassemble des personnalités aux sensibilités politiques diverses. Elle réunit notamment des profils de gauche, des libéraux, des conservateurs et des personnalités nationalistes. Malgré leurs différences, ses membres se retrouvent autour d’objectifs communs, parmi lesquels l’alternance politique et la réforme des institutions.
Cette diversité s’est accompagnée d’un soutien électoral provenant de différents horizons politiques et sociaux. Elle soulève néanmoins des interrogations sur la capacité de la nouvelle majorité à définir une ligne commune. Si les questions de transparence institutionnelle, d’indépendance de la justice et de fonctionnement démocratique semblent constituer des priorités partagées, des divergences pourraient apparaître sur les politiques économiques, sociales ou diplomatiques. Le passage d’un mouvement de contestation à une majorité gouvernementale constituera donc une étape importante.
Durant la campagne électorale, les représentants du mouvement étudiant ont multiplié les rencontres avec les électeurs, notamment dans les villes de province et les zones rurales. Ces rencontres ont constitué un moyen de présenter leurs propositions directement aux électeurs. Elles se sont déroulées dans un environnement médiatique où la présence du SNS occupait une place importante, une situation régulièrement critiquée par une partie de l’opposition.
Le scrutin du 25 octobre a suscité une participation particulièrement élevée. Deux heures avant la fermeture des bureaux de vote, celle-ci approchait déjà les 65 %, un niveau rarement atteint depuis les élections de 2000. Le soir même, Aleksandar Vučić reconnaît la défaite de son camp : « Il est clair que nous avons perdu ces élections. » Il attribue toutefois le résultat à des influences étrangères, mettant en cause plusieurs pays européens et certains réseaux politiques américains. Ces accusations n’ont pas été étayées publiquement lors de sa déclaration.
De son côté, Ilija Srdanović annonce la victoire du mouvement devant ses sympathisants. Les résultats communiqués après les nouveaux votes organisés dans plusieurs bureaux attribuent environ 53 % des suffrages à la Liste étudiante et une majorité absolue au Parlement. Le scrutin se déroule dans un climat de fortes tensions politiques, tandis que plusieurs irrégularités sont signalées. Malgré ce contexte, Vučić reconnaît sa défaite et les célébrations se multiplient dans les rues de Belgrade.
La nouvelle majorité devra désormais traduire ses engagements en décisions politiques. Les attentes exprimées durant les manifestations concernent notamment la transparence des institutions, l’indépendance de la justice et le fonctionnement de l’administration. Leur mise en œuvre dépendra de la capacité des différentes composantes de la Liste étudiante à s’accorder sur des priorités communes, mais aussi de leurs relations avec les institutions et les collectivités locales, où le SNS conserve une implantation importante.
Sur le plan international, cette alternance intervient dans un contexte diplomatique particulier. Depuis plusieurs années, la Serbie cherche à maintenir des relations avec différents partenaires, dont les intérêts ne sont pas toujours convergents. L’Union européenne demeure son principal partenaire commercial et une source majeure d’investissements. Parallèlement, Belgrade entretient des relations économiques, énergétiques et diplomatiques avec la Russie et la Chine. Cette orientation repose sur des intérêts qui dépassent les seuls choix des gouvernements successifs.
À Bruxelles, l’arrivée d’une nouvelle majorité pourrait ouvrir une nouvelle phase dans les discussions sur l’adhésion européenne. Candidate depuis 2012, la Serbie reste engagée dans un processus marqué par plusieurs difficultés, notamment concernant l’État de droit, la normalisation des relations avec le Kosovo et l’alignement sur la politique étrangère européenne. Certaines orientations annoncées par le mouvement étudiant portent sur des domaines également abordés dans les discussions entre Belgrade et Bruxelles. Il reste toutefois à déterminer dans quelle mesure la nouvelle majorité souhaitera modifier les orientations diplomatiques du pays.
Les relations avec la Russie constituent à cet égard un enjeu important. La Serbie entretient avec Moscou des liens historiques, culturels et énergétiques. Depuis l’invasion de l’Ukraine, elle n’a pas rejoint les sanctions européennes contre la Russie. Au sein du mouvement étudiant, les positions sur cette question ne sont pas uniformes. Une évolution éventuelle de la politique serbe dépendra donc des arbitrages internes à la coalition, mais également des intérêts économiques et diplomatiques du pays.
La Chine occupe également une place importante dans les relations extérieures serbes. Au cours des dernières années, les entreprises chinoises ont participé à plusieurs projets dans les infrastructures, l’industrie et les transports. La liaison ferroviaire Belgrade-Budapest, intégrée à un corridor reliant l’Europe centrale au port grec du Pirée, illustre cette coopération. Les interrogations soulevées après la catastrophe de Novi Sad pourraient conduire les nouvelles autorités à réexaminer certaines procédures de marchés publics et de suivi des chantiers. Cela ne préjuge toutefois pas de l’évolution générale des relations économiques entre Belgrade et Pékin.
Les conséquences de cette alternance pourraient également se faire sentir dans les Balkans occidentaux. La question du Kosovo reste l’un des principaux enjeux diplomatiques de la Serbie. Malgré leurs divergences politiques, plusieurs composantes du mouvement étudiant défendent le maintien de la position serbe de non-reconnaissance de l’indépendance proclamée en 2008. Sur ce dossier, un changement de majorité n’implique donc pas nécessairement une modification de la position officielle de Belgrade.
En Bosnie-Herzégovine, les relations entre la Serbie et la Republika Srpska feront également l’objet d’une attention particulière. Milorad Dodik, longtemps proche de Vučić, a entretenu des relations politiques régulières avec Belgrade. L’arrivée d’une nouvelle majorité pourrait conduire à une évolution de ces échanges, sans qu’il soit encore possible d’en mesurer la portée. Les relations avec la Macédoine du Nord, le Monténégro et l’Albanie dépendront également des priorités régionales du futur gouvernement, notamment en matière de coopération économique, de transports et d’intégration européenne.
Par sa position géographique, son poids économique et ses relations avec les principales puissances internationales, la Serbie occupe une place importante dans les équilibres des Balkans occidentaux. Les orientations retenues par la nouvelle majorité seront donc suivies avec attention, tant par les États voisins que par l’Union européenne, la Russie et la Chine.
Cette alternance ouvre désormais une nouvelle page de l’histoire politique serbe, mais soulève autant de questions qu’elle suscite d’attentes. Quel impact ce changement de majorité aura-t-il sur les équilibres géopolitiques des Balkans occidentaux et sur les relations de Belgrade avec l’Union européenne, la Russie et la Chine ? Les divergences politiques au sein du mouvement étudiant, qui ont jusqu’ici permis de rassembler des sensibilités très différentes autour d’un objectif commun, constitueront-elles une force ou, au contraire, une faiblesse sur le long terme ? Après avoir réussi à s’unir pour obtenir l’alternance, les étudiants devront désormais relever un défi différent : celui de gouverner ensemble.





