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Luc Ferry, entre franchise et provocation

 

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Professeur de philosophie à l’université Paris VII-Denis-Diderot de 1996 jusqu’à la fin de l’année scolaire 2011, Luc Ferry est davantage connu pour avoir occupé des postes de ministre que pour ses heures passées à l’université. Il lui a d’ailleurs été demandé d’accomplir son service d’enseignement statutaire pour lequel il était payé, ce qu’il ne fera pas. De fait, Luc Ferry est connu pour avoir un certain caractère.

Luc Ferry, le philosophe

Ministre de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche du 7 mai 2002 au 30 mars 2004, on lui doit quelques propositions de texte comme celui sur la laïcité et l’interdiction de porter des signes religieux ostensibles à l’école. Il tient aujourd’hui une chronique sur Radio Classique dans laquelle il se penche sur les expressions usuelles utilisées dans la langue française. Ce que l’on sait moins en revanche, c’est que ce philosophe essayiste se rend tous les jeudis au théâtre des Mathurins pour « les Jeudis Philo de Luc Ferry ». Il y réalise des conférences pour s’interroger sur le sens de la vie ou même parler de personnalités importantes dans le monde de la philosophie comme Descartes, Leibniz ou Kant. La nouvelle saison 2015/2016 sera marquée par un désir de vouloir comprendre le temps présent.

Luc Ferry, le donneur de leçons

En juin dernier, Luc Ferry avait déclaré sur i-télé « aujourd’hui pour ne pas avoir le bac, il faut en faire la demande ». Son apparition sur le plateau de la chaine d’infos n’était logiquement pas passée inaperçue… Pas très discret non plus sur les réseaux sociaux, Luc Ferry s’était également fait remarquer en juin sur Tweeter. Il avait écrit « un Himalaya de laideur, de bêtise et de vulgarité », « une pure merde pour cons prétentieux ». Un très bel exemple pour cet ancien ministre qui parlait bel et bien d’une œuvre exposée à Versailles, celle d’Anis Kapoor. Dans ces paroles, on note clairement une grossièreté inattendue pour un homme politique mais aussi un manque de respect de l’auteur. Un mélange explosif qui a déjà fait beaucoup parlé de lui. Le 29 septembre dernier, il se fait à nouveau repérer en tweetant « Un médecin se vante d’ignorer ce que signifient les NBIC. Honnêtement, il ferait mieux de retourner à la fac ou de changer de métier ». On imagine bien que ses propos ont été très mal accueillis par le corps des médecins. Certains praticiens lui ont d’ailleurs répondu qu’on pouvait parfaitement être un bon médecin sans savoir que l’acronyme NBIC signifie « Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et sciences Cognitives ». Parmi les commentaires, on relève toutefois celui de @NyjohLeBarjot qui disait « Vous confondez la recherche médicale et la pratique médicale ». Luc Ferry n’a pas laissé passer cette attaque et a répondu « Barjot vous va bien en effet, et ne pas savoir ce que sont les NBIC est le plus sûr moyen d’envoyer ses patients ad patres… ». Usant d’une franchise débordante ou tout simplement d’une bonne dose de provocation, le philosophe ne semble pas avoir sa langue dans sa poche. Il achèvera le débat par « Cette collection de réactions outrées enracinées dans une ignorance totale de la technologie des NBIC est un vrai document de travail… Assez perdu de temps à tweeter, je retourne au travail ! […] Salut et merci, y compris pour les insultes débiles : toujours instructif ! ».

L’amour fou avec Najat Vallaud-Belkacem

Entre un ancien et l’actuelle ministre de l’Education nationale, la hache de guerre est loin d’être enterrée. En mai, Luc Ferry attaque en effet Najat Vallaud-Belkacem sur les nouveaux programmes scolaires, et en particulier sur l’enseignement de l’histoire jugeant que parler de l’Europe « sous les aspects de la colonisation et de la traite négrière » est trop restrictif et qu’il est donc nécessaire d’opter pour de nouveaux points de vue. Ses remarques sont nombreuses. Globalement, il met en garde la ministre sur le risque de « décérébrer des générations d’innocents », notamment en utilisant un vocabulaire trop élaboré et inadapté. Sur ce point, beaucoup partageront son opinion. Parler d’une piscine en utilisant les termes « milieu aquatique profond standardisé » est assez atypique et pourrait nous en faire perdre notre latin. Luc Ferry va même plus loin en déclarant « il y a un moment où il faut arrêter le délire, débrancher le déconomètre ». Il ira jusqu’à demander à Manuel Valls d’intervenir pour défendre l’idée républicaine.

La presse le prouve assez souvent : Luc Ferry présente un caractère fort. Ses paroles sont souvent crues et lancées sans prendre de gants. Mauvaises langues ou personnes lucides, certains ne se gêneront cependant pas pour dire que le philosophe critique facilement les autres en oubliant que lui-même n’avait pas su faire beaucoup plus quand il était encore au poste de ministre.

A.G

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