Dans l’interview exclusive qu’il a accordée à Var‑Matin, Jean‑Pierre Servel nous reçoit chez lui, à Carqueiranne, dans ce havre de paix où il se ressource autant qu’il travaille. Cheveux en bataille, regard bleu perçant, il apparaît tel qu’on le connaît : un homme profond, droit, fidèle à ses convictions, mais aussi habité par un humanisme vibrant, un universalisme assumé et un authentique amour de la vie.
Son bureau, tapissé de livres anciens qui montent jusqu’au plafond, raconte à lui seul une existence consacrée au savoir, au droit et à la transmission. L’ancien doyen de faculté, professeur de droit et ténor du barreau — qu’il a quitté en 2012 — continue d’y travailler avec la même intensité qu’à ses débuts. Dix ans plus tôt, il avait déjà accordé une interview au magazine Vudailleurs et l’homme que l’on retrouve aujourd’hui n’a pas changé : toujours la même profondeur, la même rectitude, la même curiosité pour le monde et pour les autres.
Avec lui, la conversation devient un voyage : droit, enseignement, franc‑maçonnerie… Trois piliers qui ont façonné son parcours et éclairent encore sa vision du monde. Une parole rare, sincère, qui mérite d’être entendue.
Votre carrière est indissociable de Toulon. Pourquoi ?
Parce que c’est ma ville de naissance, de choix, de cœur… de tout. J’ai dû faire mes études à Aix‑en‑Provence, car Toulon ne disposait pas encore de faculté de droit. Cela m’a toujours frappé qu’une ville de cette importance ne possède pas, à l’époque, une université à sa mesure. Je me suis passionné pour le droit privé et les sciences criminelles. J’ai soutenu ma thèse en 1978, puis suis devenu maître de conférences en 1981. Mon chemin était tracé.






