Paris — Quatorze églises ont été volontairement incendiées en France en 2024, un niveau inédit, selon l’Observatoire du Patrimoine religieux (OPR). Cette hausse s’inscrit dans un contexte plus large de dégradations visant les édifices chrétiens, qui inquiète autant les autorités que les citoyens.
La multiplication des incendies, dont ceux de Poitiers en septembre et de Saint‑Omer en octobre, intervient alors que les actes anti‑chrétiens restent à un niveau élevé. En 2023, 854 faits ont été recensés en France, dont « 90 % sont des atteintes aux biens, comme des cimetières ou des églises », selon le ministère de l’Intérieur. Ils étaient 923 en 2022 et 857 en 2021, soit au moins deux par jour en moyenne.
Les dégradations touchent tout le territoire. À Paris, mi‑juillet, l’église Notre‑Dame‑du‑Travail (14ᵉ arrondissement) a été vandalisée : orgue détruit, statue de la Vierge poignardée, tags violents. En Nouvelle‑Calédonie, six édifices catholiques ont été détruits ou endommagés par des incendies volontaires depuis l’été. Plus récemment, à Nice, un jeune homme sans domicile s’en est pris à deux églises et à deux paroissiennes.
Face à cette situation, plusieurs pistes sont étudiées : proposition de loi, renforcement des dispositifs de surveillance et mesures d’accessibilité sécurisée. L’objectif est de mieux protéger les bâtiments et les fidèles.
« Jusqu’à présent, nos églises étaient des lieux où l’on trouvait la paix, observe le père Pascal Marie, curé de Honfleur (Calvados). Et là, ce n’est plus le cas. »
Pour l’OPR, la hausse des incendies volontaires marque un seuil préoccupant. L’organisme appelle à renforcer la protection du patrimoine religieux et à sensibiliser les communes, alors que de nombreux édifices restent fragilisés par le manque d’entretien et l’absence de surveillance.





