La capitale lettone Riga accueillera en 2026 la réunion annuelle et le Forum des affaires de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), un rendez‑vous stratégique pour les décideurs économiques, les investisseurs internationaux et les gouvernements partenaires. Lors de la séance d’ouverture du Conseil des gouverneurs, la présidente de la BERD, Odile Renaud‑Basso, a livré un discours fort sur le rôle de la Banque dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques, la fragmentation économique et les défis de la transition énergétique.
La BERD en première ligne pour renforcer la résilience économique
Dans un environnement international « volatil et turbulent », la BERD continue de soutenir les économies où elle opère afin de renforcer leur résilience à long terme, a rappelé Odile Renaud‑Basso. Elle a souligné que les conflits, la fragmentation géopolitique et la montée des risques pesaient sur les institutions financières internationales, rendant la coopération internationale plus essentielle que jamais.
« Nos collaborateurs, la BERD et les pays où nous travaillons ont le talent et l’engagement nécessaires pour surmonter les crises », a-t-elle affirmé.
L’Ukraine au cœur des priorités : 10 milliards d’euros déjà mobilisés
La présidente a rappelé que l’Ukraine reste la priorité absolue de la Banque. Depuis le début de la guerre déclenchée par la Russie, la BERD a déployé 10 milliards d’euros pour soutenir l’économie ukrainienne, les infrastructures essentielles et le secteur privé.
Elle a réaffirmé que la BERD sera « à l’avant‑garde des efforts internationaux de reconstruction » lorsque les conditions le permettront.
Réponse rapide aux crises au Moyen‑Orient
Odile Renaud‑Basso a également évoqué les conséquences économiques du conflit au Moyen‑Orient, soulignant la capacité de la BERD à intervenir rapidement pour soutenir le secteur privé et à intensifier son engagement selon l’évolution de la situation.
Tchernobyl : un symbole de coopération internationale
La présidente a rappelé l’importance du nouveau confinement sûr de Tchernobyl, un projet emblématique de coopération internationale. Elle a remercié les donateurs mobilisés pour réparer les dommages causés l’an dernier par un drone russe, soulignant que ce type de projets démontre la valeur de l’action collective.
Déclin de l’aide au développement et montée de la dette souveraine : un appel à la croissance tirée par le secteur privé
Face à la baisse de l’aide publique au développement et à l’augmentation de la dette souveraine, la BERD insiste sur la nécessité de renforcer la croissance tirée par le secteur privé. Odile Renaud‑Basso a mis en avant le lancement du premier transfert de risques significatif de la Banque, d’un montant d’un milliard d’euros, qualifié de « premier pas vers d’autres initiatives ».
Expansion en Afrique subsaharienne : un nouveau chapitre stratégique
La BERD a également confirmé son déploiement en Afrique subsaharienne, une nouvelle région d’intervention. Selon la présidente, les premiers résultats sont « excellents », rappelant le précédent succès de l’expansion de la Banque en Afrique du Nord et au Moyen‑Orient il y a quinze ans.
Sécurité énergétique, connectivité et Corridor central : les priorités à long terme
Pour renforcer la résilience économique des régions où elle opère, la BERD mise sur :
- la sécurité énergétique,
- le développement du Corridor central,
- la diversification commerciale,
- les infrastructures durables,
- la croissance verte et la transition énergétique.
Ces investissements stratégiques doivent soutenir une croissance durable et renforcer la connectivité entre l’Europe, l’Asie centrale et le Caucase.
Gouvernance économique : un levier clé pour les réformes
Parmi les priorités stratégiques, Odile Renaud‑Basso a insisté sur la gouvernance économique, essentielle pour :
- accélérer les réformes de marché,
- favoriser l’innovation,
- créer de nouvelles opportunités économiques,
- attirer les investissements privés.
une BERD plus forte, plus résiliente et tournée vers l’avenir
Malgré les risques géopolitiques et les défis économiques mondiaux, la présidente a conclu sur une note de confiance :
« Notre Banque deviendra plus forte, plus résiliente et plus polyvalente, performante aujourd’hui et pour l’avenir. »
La réunion annuelle de Riga 2026 s’annonce ainsi comme un moment clé pour définir les orientations futures de la BERD et renforcer son rôle dans la stabilité économique, la transition verte et la coopération internationale.





