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La dimension géopolitique devient proéminente dans la construction de portefeuille

Découvrez la tribune de Julien Dauchez (Natixis IM) sur l'impact des tensions géopolitiques dans l'allocation d'actifs et le pilotage des risques.

Par Julien Dauchez, directeur solutions clients, Natixis IM

Les derniers mois nous l’ont brutalement rappelé : si les marchés ne manquent pas de moteurs de performance, leur équilibre demeure d’une extrême fragilité. Entre l’escalade des tensions géopolitiques, la volatilité du pétrole, les signaux encore très contrastés sur l’inflation américaine et l’enthousiasme persistant autour de l’intelligence artificielle, les investisseurs professionnels évoluent dans un paysage complexe. Un environnement où la construction de portefeuille doit plus que jamais conjuguer participation à la hausse et maîtrise du risque.

Ce changement de priorité se lit très clairement dans l’attitude des gérants. Désormais, le risque géopolitique s’impose en tête des préoccupations : 44 % des gérants l’identifient comme le risque extrême majeur. Une inquiétude qui se conjugue à celle, tout aussi pressante, de la concentration de performance sur les seuls actifs américains.

Autrement dit, le marché ne nie pas les risques financiers classiques, mais il les lit désormais à travers un prisme éminemment politique. L’accès à l’énergie, la fluidité des chaînes d’approvisionnement, la conduite des politiques monétaires et la visibilité des résultats d’entreprises sont devenus indissociables des équilibres géopolitiques.

Quelles en sont les conséquences concrètes pour l’allocation d’actifs ?

Cette mutation vers un monde multipolaire et fragmenté se reflète directement dans les arbitrages des investisseurs. Les stratégies s’ajustent pour intégrer et atténuer des menaces autrefois secondaires : l’impact des sanctions économiques, la fragmentation réglementaire ou encore les risques de convertibilité des devises.

Pour autant, il ne s’agit pas de désinvestir massivement. Si les allocateurs restent exposés aux grands actifs de croissance, ils cherchent désormais à équilibrer ces convictions par une diversification géographique sélective. Une précaution d’autant plus nécessaire que le creusement du déficit fédéral américain pose aujourd’hui de véritables questions de fond.

Pour les prochains mois, l’enjeu fondamental ne sera donc pas de trancher arbitrairement entre prudence excessive et prise de risque aveugle. Il s’agira plutôt de construire des allocations résilientes, capables d’absorber des chocs exogènes imprévisibles tout en restant positionnées sur les grandes tendances de long terme. Dans ce nouveau paradigme, la diversification ne peut plus être une simple posture décorative : elle doit redevenir un outil actif de pilotage du risque.

Avertissement

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les investisseurs doivent examiner attentivement les objectifs d’investissement, les risques et les frais relatifs à tout investissement avant d’investir. Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de l’auteur. Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle.

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