La liste des centrales nucléaires susceptibles d’accueillir les nouveaux réacteurs EPR2 commence à se préciser. En février 2022, le Président de la République annonçait le lancement de ce programme destiné à construire six nouveaux réacteurs nucléaires de nouvelle génération, avec une option pour huit supplémentaires.
Trois sites ont déjà été retenus. Pour les autres, les décisions sont encore attendues. Pourtant, la première liste révélée dans la presse ne faisait pas apparaître la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly. Une situation qui doit nous interpeller collectivement.
Depuis plusieurs années, les élus de notre territoire ont manifesté leur volonté de voir notre centrale accueillir un EPR2. J’ai moi-même eu l’occasion de porter cette position lors d’une réunion avec Madame la Préfète de la région Centre-Val de Loire. Cette mobilisation ne relève pas d’un simple choix industriel : elle engage l’avenir de tout un bassin de vie.
Car derrière la centrale de Dampierre-en-Burly, ce sont 1 400 emplois directs et près de 4 000 foyers qui vivent, directement ou indirectement, de son activité. Ce sont aussi des recettes fiscales considérables pour les collectivités, avec notamment plusieurs millions d’euros de contributions économiques locales liées à l’activité d’EDF et de RTE.
Dampierre-en-Burly constitue ainsi un véritable écosystème économique. Cette richesse permet à nos collectivités rurales d’investir, de développer leurs équipements sportifs et culturels et d’offrir des services publics de qualité. La centrale ne fait donc pas vivre uniquement ses salariés : elle irrigue toute notre économie locale.
L’enjeu est d’autant plus important que la centrale est vieillissante. La prolongation de son exploitation jusqu’à soixante ans, encadrée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), permettrait d’envisager son fonctionnement jusqu’à l’horizon 2040. Mais nous devons regarder plus loin.
Le véritable sujet est celui de l’après.
Si Dampierre n’accueille pas de nouvel EPR2, nous devons nous interroger dès aujourd’hui sur l’avenir industriel du site et sur les conséquences économiques et sociales d’un éventuel démantèlement à terme.
Nous savons combien il serait difficile de recréer ailleurs un tel écosystème industriel avec ses emplois, ses compétences, ses entreprises prestataires et ses retombées pour nos collectivités. Notre territoire dispose déjà d’un site nucléaire intégré, accepté et entouré de compétences. Pourquoi faudrait-il renoncer à cet atout alors que notre pays s’engage à nouveau dans la relance du nucléaire ?
Nos territoires ruraux ne doivent pas être condamnés à accueillir les contraintes comme les parcs éoliens sans bénéficier des investissements et des emplois qui permettent leur développement. Nous avons besoin d’une stratégie industrielle nationale qui s’appuie sur les forces existantes et qui prépare l’avenir.
Dampierre-en-Burly doit donc rester dans la perspective des futurs EPR2.
Cette bataille dépasse les clivages politiques. Elle concerne nos emplois, nos entreprises, nos finances locales, nos services publics et, plus largement, la capacité de nos territoires à rester attractifs et vivants.
Élus communaux, intercommunaux, départementaux, régionaux et nationaux : nous devons parler d’une même voix et porter cette exigence auprès du Ministère de la Transition écologique.
Pour ma part, parce que je connais les réalités de nos communes rurales et que je mesure quotidiennement ce que représente une économie locale solide, je continuerai à défendre cet enjeu avec détermination.
Ensemble pour l’EPR2 de Dampierre-en-Burly, pour nos emplois, pour notre industrie. Et surtout, pour l’avenir de nos territoires.





