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Interview du Dr Toru Mizoguchi : pionnier de la médecine orthomoléculaire au Japon

Photographie du Dr Toru Mizoguchi, médecin japonais reconnu, interviewé par le magazine VDA sur son parcours et la médecine orthomoléculaire.

Héritier d’une lignée médicale centenaire, le Dr Toru Mizoguchi a pourtant forgé une vision singulière de la pratique clinique. Pionnier de la médecine orthomoléculaire au Japon, il partage avec VDA les moments clés qui ont façonné son parcours et les enjeux d’une discipline en plein essor.

VDA — Vous êtes issu d’une lignée de médecins depuis plus de 150 ans, tout en ayant cultivé des passions variées comme le sport, la musique et le jazz. En quoi ces expériences ont‑elles influencé votre pratique médicale actuelle ?

Dr Toru Mizoguchi — Durant mes études, j’ai pratiqué intensivement le football, le volley‑ball, le baseball et l’aviron. À l’université, je jouais également du saxophone jazz. Ces activités m’ont permis de rencontrer des personnes issues de milieux très différents et d’élargir ma vision du monde.

Lorsque je suis devenu médecin, cette diversité d’expériences m’a naturellement conduit à observer mes patients sous plusieurs angles, en particulier ceux qui ne répondaient pas aux traitements conventionnels. C’est cette approche plurielle qui m’a finalement amené à découvrir la médecine orthomoléculaire et son potentiel thérapeutique.

VDA — Vous expliquez avoir découvert la médecine orthomoléculaire en cherchant un traitement pour les vertiges de votre épouse. Quel a été le moment décisif qui vous a convaincu de la puissance de cette approche ?

Dr Toru Mizoguchi — Je pense immédiatement à une patiente d’une quarantaine d’années, diagnostiquée dépressive par un confrère et traitée avec quatre antidépresseurs différents. En analysant ses résultats sanguins sous l’angle de la médecine orthomoléculaire ?, nous avons mis en évidence d’importantes variations de glycémie, des épisodes d’hypoglycémie, ainsi qu’une carence latente en fer et en vitamine B6.

En corrigeant ces déséquilibres par une alimentation adaptée et une supplémentation ciblée, elle a pu arrêter toute médication en six mois. Elle est devenue une femme lumineuse, méconnaissable tant sa transformation était profonde. Le psychiatre qui la suivait était pourtant très réputé, mais il n’avait jamais envisagé que ses symptômes puissent être liés à des déficits nutritionnels.

Ce cas a été un véritable tournant dans ma pratique.

VDA-Vous avez formé plus de 3 000 médecins et dentistes, contribuant largement à la diffusion de la médecine orthomoléculaire au Japon. Comment voyez‑vous l’évolution de ce domaine, et quels défis restent à relever pour qu’il soit pleinement reconnu ?

Dr Toru Mizoguchi — Au Japon, l’intérêt pour la médecine orthomoléculaire s’est fortement accru ces dernières années, notamment chez les dermatologues spécialisés en esthétique et en anti‑âge. De nombreux gynécologues y ont également recours pour traiter des symptômes féminins non spécifiques.

Historiquement issue du traitement des troubles mentaux dans les années 1950, cette approche présente une grande affinité avec la psychiatrie et la médecine psychosomatique. En s’attaquant aux causes profondes des maladies, elle permet souvent de réduire — voire d’arrêter — certains traitements médicamenteux lorsqu’elle est utilisée en complément.

Parce qu’elle repose sur des ajustements alimentaires et une supplémentation en nutriments essentiels, cette médecine est utile non seulement aux médecins, mais aussi à l’ensemble des professionnels de santé.

Cependant, plusieurs défis demeurent. La médecine japonaise accorde une importance majeure aux protocoles établis par des experts reconnus. Toute approche qui s’en écarte risque d’être mal comprise ou critiquée. De plus, la médecine orthomoléculaire utilise des doses de nutriments bien supérieures à celles habituellement prescrites, ce qui peut dérouter aussi bien les praticiens que le grand public.

Pour progresser, il est essentiel que les médecins, dentistes et autres professionnels de santé comprennent mieux les interactions entre nutriments et organisme. Il est tout aussi important de renforcer la communication auprès du public, notamment via les réseaux sociaux, afin de diffuser une information claire et fiable.

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