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Mali : offensive du Jnim et du FLA, le régime Goïta fragilisé

Combattants armés dans le nord du Mali lors de l’offensive coordonnée du Jnim et du FLA, avril 2026

Le Mali traverse depuis le 25 avril une offensive coordonnée d’une ampleur inédite, menée simultanément par les djihadistes du Jnim (GSIM) et les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA). Cette attaque massive, qui a visé plusieurs villes stratégiques du pays, marque un tournant majeur dans la situation sécuritaire au Mali et dans l’évolution du conflit armé au Sahel.

Parmi les victimes figure le numéro deux du gouvernement malien, Sadio Camara, dont la mort constitue un choc politique majeur. Le régime militaire du colonel Assimi Goïta, déjà isolé diplomatiquement, se retrouve plus que jamais sous pression, même s’il conserve encore le contrôle de Bamako et de la région de Kati, cœur du pouvoir militaire.

Une offensive simultanée sur Gao, Kidal, Mopti, Sévaré et Bourem : une première depuis 2013

Dès l’aube du 25 avril, plusieurs unités du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM/Jnim) et du FLA, mouvement indépendantiste touareg créé en 2024, ont lancé des attaques coordonnées contre :

  • Gao
  • Kidal
  • Mopti
  • Sévaré
  • Bourem
  • ainsi que les zones stratégiques de Bamako et Kati

Une telle simultanéité n’avait plus été observée depuis l’intervention française de 2013. Elle révèle la capacité des groupes armés à frapper loin, vite et de manière synchronisée, malgré les opérations militaires successives menées par l’État malien.

Une alliance inédite entre djihadistes et rebelles touaregs

Le fait le plus marquant – et le plus inquiétant – est la coopération revendiquée entre deux organisations aux objectifs pourtant divergents :

  • les djihadistes du Jnim, affiliés à Al-Qaida
  • les rebelles indépendantistes du FLA, héritiers des revendications azawadiennes

Selon un porte-parole du FLA, les deux groupes ont conclu un « partenariat » et une « coordination d’actions » pour mener les attaques du 25 avril. Cette alliance de circonstance bouleverse l’équilibre déjà fragile du nord du Mali, où les lignes de front évoluent d’heure en heure.

Un État malien fragilisé et un nord en pleine recomposition

Pour le régime d’Assimi Goïta, cette offensive révèle la vulnérabilité de l’État malien face à la multiplication des foyers de violence. Si Bamako reste sous contrôle, la situation dans le nord demeure extrêmement floue :

recomposition des alliances touarègues

montée en puissance des groupes djihadistes

effondrement progressif de l’autorité étatique

populations civiles prises au piège

Le Mali se retrouve confronté à une crise sécuritaire majeure, dans un contexte régional déjà marqué par l’instabilité au Sahel, la progression des groupes terroristes et l’effritement des structures étatiques.

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