Des ouvrages d’auteurs originaires d’Azerbaïdjan, de Bulgarie, de Croatie, d’Égypte, de Hongrie, d’Irak, de Pologne, d’Ukraine et d’Ouzbékistan — ainsi que leurs traducteurs — sont en lice pour le Prix littéraire de la BERD 2026. Les dix œuvres finalistes, sélectionnées par un jury indépendant, explorent des thèmes puissants : conflits, exils, mémoire, mais aussi futurs technologiques et imaginaires en mutation.
La liste réunit des voix confirmées et des talents émergents. On y retrouve Georgi Gospodinov, lauréat du Booker International, ainsi que deux anciens gagnants du prix littéraire de la BERD : l’écrivain Hamid Ismailov et la traductrice Ellen Elias-Bursać. Cette diversité témoigne de la vitalité littéraire des régions où la Banque européenne pour la reconstruction et le développement opère.
La BERD a dévoilé aujourd’hui les dix titres finalistes, tous traduits en anglais et publiés par des maisons d’édition européennes ou nord-américaines. Voici la sélection, classée par ordre alphabétique d’auteur :
- Peuples et Arbres : Une trilogie, d’Akram Aylisli (Azerbaïdjan), traduite du russe par Katherine E. Young — Plamen Press
- Sololand, de Hassan Blasim (Irak), traduit de l’arabe par Jonathan Wright — Comma Press
- En fin d’été, de Magdalena Blažević (Croatie), traduit par Anđelka Raguž — Linden Editions
- Pierre, papier, grenade, d’Artem Chekh (Ukraine), traduit par Olena Jennings et Oksana Rosenblum — Seven Stories Press UK
- Glace, de Jacek Dukaj (Pologne), traduit par Ursula Phillips — Head of Zeus / Bloomsbury
- La Mort et le Jardinier, de Georgi Gospodinov (Bulgarie), traduit par Angela Rodel — Weidenfeld & Nicolson
- Nous, les ordinateurs, de Hamid Ismailov (Ouzbékistan), traduit par Shelley Fairweather-Vega — Yale University Press
- Sur la ligne de Greenwich, de Shady Lewis (Égypte), traduit par Katharine Halls — Peirene Press
- L’Œil du singe, de Krisztina Tóth (Hongrie), traduit par Ottilie Mulzet — Seven Stories Press UK
- Punaises de lit, de Martina Vidaić (Croatie), traduit par Ellen Elias-Bursać — Sandorf Passage
Le jury, présidé par la critique et journaliste culturelle Dr Maya Jaggi, réunit également la professeure albanaise Lea Ypi, le romancier nigérian Chigozie Obioma et l’essayiste Dr Marek Kohn.
Dans une déclaration, le Dr Jaggi souligne la richesse et l’audace de cette sélection :
« Nous avons été frappés par la poésie, l’inventivité et la liberté formelle de ces œuvres issues de sociétés en transition, parfois en guerre. De la Sibérie aux banlieues de Londres, des années 1920 à un futur dystopique, ces romans interrogent l’autorité, la mémoire, le deuil, l’exil et les possibles technologiques. »
Elle évoque notamment :
- un classique azerbaïdjanais récemment traduit, qui ose défier l’idéologie de son époque,
- un triangle amoureux au cœur d’une Europe minée par les inégalités,
- une odyssée de science-fiction polonaise réinventant l’histoire,
- le parcours d’un vétéran ukrainien hanté par la guerre,
- ou encore une méditation délicate sur le deuil d’un père jardinier.
Pour la première année où des auteurs irakiens étaient éligibles, la sélection met en lumière une trilogie dénonçant les violences des milices et la condition des femmes sous l’État islamique, ainsi qu’une satire grinçante sur la bureaucratie funéraire. Plusieurs œuvres ont été écrites en exil, rappelant l’importance vitale de défendre la liberté d’expression.
Les trois finalistes seront annoncés fin avril. Le 2 juillet, lors d’une cérémonie au siège de la BERD à Londres, l’auteur et le traducteur lauréats recevront un prix de 20 000 €, partagé équitablement. Les deux autres finalistes recevront chacun 2 000 €.
Créé en 2018, le Prix littéraire de la BERD distingue chaque année une œuvre de fiction écrite dans une langue d’un pays où la Banque investit, traduite en anglais et publiée l’année précédente. Il célèbre la littérature comme un pont entre les cultures, les mémoires et les imaginaires.






