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Marchés 2026 : l’analyse Yomoni face aux tensions

Entre décision de la Cour suprême américaine, tensions au Moyen-Orient et volatilité des marchés, découvrez comment Althéis by Yomoni ajuste ses allocations en 2026.

 Il est bon d’apprendre à être sage à l’école de la douleur » — Eschyle.

Le mois de février a été marqué par un événement majeur : la décision de la Cour suprême américaine déclarant illégaux l’ensemble des droits de douane imposés par Donald Trump au titre de l’IEEPA. Cette décision fragilise considérablement l’arme tarifaire, utilisée depuis le début du mandat comme outil géopolitique et comme source de revenus pour réduire le déficit. L’administration américaine devra désormais repenser sa stratégie commerciale, dans un contexte où les marges de manœuvre se resserrent.

Sur le plan macroéconomique, les signaux envoyés par l’économie américaine sont restés contrastés. Le marché de l’emploi a surpris positivement avec 130 000 créations de postes en janvier, soit plus du double des attentes, et un taux de chômage en léger recul à 4,3 %. L’inflation, quant à elle, demeure élevée mais conforme aux anticipations.

En revanche, la croissance américaine a déçu : le PIB du quatrième trimestre n’a progressé que de 1,4 % en rythme annualisé, bien en dessous du consensus. Le plus long shutdown de l’histoire américaine a pesé lourdement sur l’activité, mais ce ralentissement reflète également une baisse des dépenses publiques, un recul des exportations et un affaiblissement de la consommation.

En zone euro, l’inflation est revenue à la cible, permettant à la BCE de maintenir un statu quo largement anticipé. Les marchés ont davantage réagi aux rumeurs de départ anticipé de Christine Lagarde qu’aux décisions monétaires elles‑mêmes. Aux États‑Unis, la Fed a également laissé ses taux inchangés, mais les divergences internes se creusent : certains membres envisagent un assouplissement rapide, tandis que d’autres n’excluent pas de nouvelles hausses si l’inflation persistait.

Les marchés actions mondiaux ont poursuivi leur progression en février (+1,8 % en euros), dans la continuité de janvier. Les actions japonaises ont particulièrement brillé (+9,3 % en euros), suivies par les marchés émergents (+6 %). La zone euro a affiché une solide performance (+3,6 %), tandis que les actions américaines ont reculé (-0,4 % en euros). Sur le marché obligataire, la baisse des taux longs a permis aux obligations mondiales de délivrer une performance supérieure à 1 %.

Point sur les allocations : un repositionnement défensif face au conflit en Iran

Nous avons ajusté nos allocations à la suite du déclenchement du conflit en Iran le 28 février et des évolutions observées début mars. Notre position initiale — neutre en risque, sous‑pondérée en actions européennes au profit des actions américaines, et neutre sur le dollar — nous semblait adaptée dans les premiers jours. Mais la dynamique du conflit a rapidement changé.

L’élection de Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême tué lors des premières frappes, sous la pression du Corps des Gardiens de la révolution, constitue un acte de défi. Associée au blocage du détroit d’Ormuz, cette évolution dessine le scénario d’un conflit long, insuffisamment intégré par les marchés. La vigueur et l’organisation de la riposte iranienne ont surpris.

Dans un contexte où l’information est fragmentaire et souvent instrumentalisée, nous privilégions une lecture prudente. Nous anticipons des tensions accrues à court terme, sans pour autant envisager un retour à une inflation comparable à celle de 2022.

Les différences avec 2022 sont en effet majeures. À l’époque, les taux directeurs étaient proches de zéro et les banques centrales avaient dû procéder à des hausses historiques. Aujourd’hui, les taux sont déjà proches de leur niveau neutre, limitant le risque d’un choc monétaire brutal. Par ailleurs, le choc énergétique de 2022 s’était transformé en inflation durable en raison d’un contexte exceptionnel : demande post‑Covid surchauffée, chaînes d’approvisionnement fragiles, marché de l’emploi tendu. Rien de tel aujourd’hui : la consommation ralentit, l’emploi se normalise et les entreprises peinent à répercuter leurs coûts.

Néanmoins, à court terme, les marchés risquent de sur‑réagir à un scénario inflationniste. Nous avons donc adapté nos allocations pour protéger les portefeuilles.

Nos ajustements stratégiques

  • Réduction de l’exposition actions : dans un profil équilibré (P6), nous abaissons la part actions de 50 % à 45 %.
  • Renforcement obligataire : la poche obligations passe à 55 %.
  • Réallocation géographique : maintien de la sous‑pondération européenne, redirigée exclusivement vers les actions américaines, exportatrices nettes d’énergie.
  • Sortie des valeurs mondiales de la santé.
  • Augmentation des liquidités : la poche cash atteint 10 % dans un profil P6, réduisant la sensibilité aux taux et le risque de crédit.

Ce positionnement vise à protéger les portefeuilles dans un environnement incertain, tout en conservant la flexibilité nécessaire pour réaugmenter rapidement l’exposition aux actifs risqués en cas de cessez‑le‑feu.

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