Alors que l’immobilier ancien représentait encore la majorité des transactions il y a quelques années, le marché connaît aujourd’hui un ralentissement marqué. En cause : la rénovation énergétique, devenue le principal frein à l’achat pour de nombreux ménages. Entre nouvelles obligations, explosion des coûts et complexité des travaux, les biens anciens peinent à séduire, même lorsqu’ils affichent des prix attractifs
Le DPE, devenu un critère décisif pour les acheteurs
Depuis la réforme du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), les logements classés F ou G — les fameuses passoires thermiques — sont de plus en plus difficiles à vendre. Les acheteurs redoutent :
- l’interdiction progressive de louer ces biens,
- les travaux obligatoires pour améliorer la note,
- la difficulté d’obtenir un financement bancaire pour un logement mal classé,
- la perte de valeur à la revente.
Résultat : un bien ancien mal isolé peut perdre 10 à 20 % de valeur, voire davantage dans les zones rurales.
Des coûts de rénovation qui explosent
L’un des principaux obstacles reste le prix des travaux. Depuis 2022, les coûts ont fortement augmenté :
- +25 % sur les matériaux d’isolation,
- +30 % sur les menuiseries,
- +20 % sur les systèmes de chauffage performants,
- délais rallongés chez les artisans.
Pour une maison ancienne, la rénovation énergétique complète peut atteindre 40 000 à 80 000 €, voire plus pour les grandes bâtisses rurales. Un montant souvent incompatible avec le budget des primo‑accédants.
Les aides existent, mais restent complexes et insuffisantes
MaPrimeRénov’, éco‑PTZ, certificats d’économie d’énergie… Les dispositifs sont nombreux, mais :
- les démarches sont longues,
- les conditions changent régulièrement,
- les aides ne couvrent qu’une partie des travaux,
- les ménages modestes peinent à avancer les frais.
Beaucoup d’acheteurs renoncent face à la complexité administrative.
Un marché qui se polarise : le “prêt à habiter” gagne du terrain
Les biens anciens nécessitant peu de travaux se vendent encore très bien. En revanche, les maisons à rénover — même légèrement — restent sur le marché beaucoup plus longtemps.
Les acheteurs privilégient désormais :
- une bonne performance énergétique,
- une maison habitable immédiatement,
- un chauffage moderne,
- une isolation correcte,
- des fenêtres récentes.
Le “coup de cœur avec travaux” n’est plus la norme.
Les zones rurales particulièrement touchées
Dans les campagnes, où les maisons anciennes sont nombreuses, la rénovation énergétique devient un véritable frein :
- peu d’artisans disponibles,
- coûts de déplacement élevés,
- logements souvent très énergivores,
- dépendances difficiles à isoler.
Les biens restent en vente plusieurs mois, parfois plusieurs années.
la rénovation énergétique redessine le marché immobilier
La rénovation énergétique n’est plus un simple argument commercial : c’est désormais un critère déterminant dans la décision d’achat. Elle influence les prix, les délais de vente et l’attractivité des biens anciens.
Pour les vendeurs, la question n’est plus de savoir si les travaux sont nécessaires, mais quand et dans quelle mesure ils devront être réalisés pour rester compétitifs.






