Dans un secteur longtemps marqué par les divergences internes, voir les trois organisations patronales du portage salarial — PEPS, GAPSE et FEPS — publier un communiqué commun relève presque de l’événement historique. Et si l’union fait la force, elle fait ici surtout sens.
Car derrière cette prise de position collective, il y a un enjeu majeur : défendre le cadre légal du portage salarial face à des pratiques frauduleuses qui menacent la crédibilité de toute une profession.
Un cadre légal strict… et indispensable
L’article rappelle un point essentiel : le portage salarial n’est pas une zone grise ni une innovation improvisée. C’est un dispositif hybride, encadré par le Code du travail, qui permet à un consultant indépendant de bénéficier :
- du statut de salarié,
- de la protection sociale complète,
- d’un accompagnement administratif,
- tout en conservant son autonomie professionnelle.
Mais cette protection a un prix :
➡️ des règles strictes,
➡️ des obligations légales,
➡️ un périmètre d’activité clairement défini.
C’est précisément ce cadre qui garantit la sécurité des consultants… et la légitimité du modèle.
Le problème : des montages frauduleux qui brouillent les lignes
En 2025, la DGFiP a tiré la sonnette d’alarme : des structures étrangères se présentent comme des entreprises de portage salarial… alors qu’elles n’en ont ni la substance, ni la légalité.
Le schéma est simple et dangereux :
- une société étrangère fictive,
- un consultant français “employé” artificiellement,
- facturation en France,
- salaire présenté comme étranger,
- crédit d’impôt indu,
- parfois allocations chômage en prime.
La réponse de l’administration a été claire : majoration de 80 %, rappels d’impôts, sanctions lourdes.
Ces pratiques isolées jettent une ombre sur tout le secteur. Et c’est là que l’unité des organisations patronales prend tout son sens.
PEPS, GAPSE, FEPS : une unité rare mais nécessaire
Historiquement, les trois OP n’ont pas toujours avancé main dans la main. Leur histoire est faite :
- de visions différentes du portage,
- de débats sur la représentativité,
- de divergences sur l’évolution du cadre conventionnel,
- de conceptions parfois opposées du périmètre du portage salarial.
Autant dire que les voir parler d’une seule voix n’a rien d’anodin.
Ce communiqué commun marque :
- une prise de conscience collective,
- une volonté de protéger le modèle,
- un signal fort envoyé aux pouvoirs publics,
- et un message clair adressé au marché :
- le portage salarial ne peut pas être dévoyé sans réaction.
Un secteur qui gagne en maturité
Ce front commun illustre une évolution profonde : le portage salarial n’est plus un modèle émergent en quête de reconnaissance. C’est désormais une branche structurée, consciente de ses responsabilités et de la nécessité de défendre son cadre.
Cette maturité est essentielle pour :
- rassurer les consultants,
- sécuriser les entreprises clientes,
- maintenir la confiance des institutions,
- et préserver l’image d’un dispositif qui a fait ses preuves.






