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L’extrémisme religieux face à l’Europe : quand le silence nourrit le danger

Islamisme en Europe : pourquoi le déni nourrit l'extrémisme

Au sein des institutions européennes comme dans les ministères de l’Intérieur, le constat s’impose désormais à huis clos avec une insistance croissante : le véritable défi sécuritaire et sociétal des décennies à venir réside dans la progression discrète, mais méthodique, de l’islamisme politique.

Sur le terrain, la nuance est pourtant claire et partagée par la quasi-totalité des experts du renseignement et des sociologues du fait religieux. L’islam, en tant que foi pratiquée par des millions d’Européens dans le respect des cadres légaux — comme le rappelle la Convention européenne des droits de l’homme sur la liberté de religion —, s’inscrit pleinement dans nos démocraties. La menace ne provient pas de la spiritualité, mais de sa captation idéologique. L’islamisme vise un objectif bien distinct : substituer les normes religieuses aux lois civiles et éroder le socle des valeurs républicaines.

La stratégie de l’entrisme et du déni

Pendant longtemps, la réponse publique a souffert d’une forme d’amnésie ou de prudence excessive. Par crainte d’alimenter les amalgames, de nombreuses institutions ont préféré détourner le regard face à des signaux faibles pourtant explicites. En France, les travaux parlementaires, notamment le rapport du Sénat sur la radicalisation islamiste, ont documenté cette stratégie d’entrisme qui s’attaque à l’école publique, aux associations locales et à la laïcité.

Or, les enquêtes de terrain révèlent un effet pervers direct à cette politique du silence. En refusant de nommer et de combattre fermement l’extrémisme religieux, les pouvoirs publics n’ont fait qu’offrir un terrain fertile aux idéologues. Pour les réseaux radicaux, chaque hésitation institutionnelle est perçue comme un signe d’acceptation ou de faiblesse.

Le double piège politique

Cette passivité produit un second impact délétère sur le climat social. En abandonnant le sujet du contrôle de l’extrémisme par crainte du débat passionné, les partis gouvernementaux ont laissé le champ libre aux mouvements populistes. Ces derniers exploitent le vide laissé par le déni pour attiser les tensions identitaires et la méfiance envers l’ensemble des citoyens de foi musulmane.

À l’inverse, les dispositifs de prévention et de lutte contre la radicalisation mis en avant par le ministère de l’Intérieur montrent une tout autre réalité : la fermeté à l’égard de l’islamisme politique constitue le meilleur rempart pour protéger la liberté de culte. C’est en neutralisant l’influence des réseaux radicaux que l’on garantit la sérénité des pratiquants qui refusent le rigorisme idéologique.

Face à ce constat, l’Europe se trouve à un tournant. Le combat contre l’extrémisme ne nécessite pas un renoncement à nos principes, mais leur application rigoureuse : réaffirmation de la laïcité, contrôle strict des financements et fermeté judiciaire. Le refus du déni apparaît désormais comme la première condition de la cohésion nationale.

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