Comme une rivière qui coule paisiblement tout en façonnant la roche, il est des êtres dont le passage sur terre laisse une empreinte indélébile, faite de douceur, de sagesse et d’une tendresse infinie. Madame Gertrude ONKASSA, née NGNINGONE, appartenait à cette race d’âmes d’exception dont la lumière continue de briller doucement dans le noir, bien après que le soir est tombé. Esthète dans l’âme, elle chérissait les belles choses et la distinction, mais son véritable luxe résidait dans l’élégance de sa pensée : une intelligence rare, tissée de finesse d’esprit et de la bonté la plus pure du cœur.
C’est sur les rives majestueuses de Lambaréné, au rythme envoûtant du grand fleuve Ogooué et du murmure de ses eaux, que les premiers chapitres de sa vie ont commencé à s’écrire. Mais le destin, avec sa grâce coutumière, la guidera plus tard vers la lumière de Libreville. C’est là que son regard croisa celui de Paul ONKASSA, et que deux destins s’unirent à jamais.
Bâtisseur visionnaire, industriel autodidacte parti de rien, Paul était né dans la terre sacrée de Lèngori. Homme de conviction, il s’était forgé à la force du poignet au sein d’une lignée gravée dans le souvenir : entre un frère aîné admiré, Antoinet Leboussi ( parti tôt en 1976), et des cadets chéris, Jacques Onkassa (qui l’a rejoint en 2021) et Jeanne Ankoussou (éteinte en 2017). Autour d’eux gravitait également une figure lumineuse de la famille, leur cousine Germaine NGARI, grande dame au cœur immense et femme battante d’une force admirable, rappelée à Dieu en 2020 à Libreville.
Côte à côte, Gertrude et Paul ont érigé un empire d’amour et de complicité, une forteresse d’affection invincible, jusqu’à ce que le souffle de Paul s’éteigne doucement à Libreville en 2005, laissant en elle un sanctuaire de souvenirs impérissables.
Au fil des décennies, son propre engagement au sein de la Société Nationale du Bois du Gabon (SNBG) témoignera de sa noblesse, de son professionnalisme et d’une rigueur exemplaire. Mais son véritable royaume, c’est au cœur d’Owendo qu’elle l’avait bâti, derrière la Pédiatrie. Dans ce havre empreint de sérénité, sa porte ne se fermait jamais. On y respirait la chaleur du feu de bois, le parfum des grands jours, la dignité des réceptions sincères et le réconfort d’un mot doux. Sa maison était le port d’attache où chaque âme fatiguée trouvait l’asile d’un sourire et la clarté d’un conseil avisé.
Pilier de sa lignée, gardienne passionnée des traditions et phare immuable face aux tempêtes de l’existence, Maman Gertrude a traversé le temps drapée dans la grâce, le partage et l’élégance d’être. Pour ses frères, ses neveux et la communauté tout entière, elle ne s’est pas éteinte : elle s’est simplement retirée dans la pièce à côté, laissant derrière elle un parfum d’éternité et la certitude que les grands amours et les belles âmes ne meurent jamais.





