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Canada : la récession s’éloigne, la menace tarifaire persiste

L'économie du Canada évite la récession grâce à l'emploi, mais subit les tarifs douaniers américains et le poids des dettes.

Après un démarrage d’année particulièrement morose marqué par une entrée en récession technique au premier trimestre 2026, l’économie canadienne s’apprête à retrouver de la hauteur. Selon la dernière note d’analyse de l’agence de notation Fitch Ratings, la combinaison d’un marché du travail en phase de redressement et de la résilience de la consommation de base laisse entrevoir des perspectives plus favorables pour le second semestre.

Pourtant, ce tableau globalement plus clément reste assombri par des risques structurels tenaces : des tensions commerciales accrues avec Washington, une facture énergétique élevée et une fragilité grandissante du crédit aux particuliers.

Un marché de l’emploi en convalescence et des consommateurs prudents

Le premier trimestre 2026 avait envoyé un signal d’alarme : plombée par la faiblesse des investissements privés et une forte hausse des importations, l’activité économique canadienne s’était contractée. Les ménages, confrontés à un marché de l’emploi temporairement grippé, avaient dû puiser dans leur épargne et faire chauffer leurs cartes de crédit pour maintenir leur niveau de vie.

Cependant, les données du deuxième trimestre indiquent que l’orage s’éloigne. La reprise des embauches et la revalorisation des salaires redonnent du pouvoir d’achat aux ménages. Au premier trimestre, la consommation globale avait réussi à progresser de 0,3 % sur un trimestre, mais au prix d’un arbitrage très net :

  • Priorité aux dépenses essentielles : L’alimentation et les services financiers ont tiré la croissance.
  • Recul du discrétionnaire : Les dépenses non essentielles, notamment les achats de véhicules neufs, se sont nettement repliées.

Cette tendance à la sobriété forcée devrait se maintenir tant que les prix du carburant resteront élevés. Bonne nouvelle toutefois sur le front de la politique monétaire : selon Fitch, la hausse des prix à la pompe ne génère pas, pour l’instant, d’effets de second tour susceptibles de contraindre la Banque du Canada à relever ses taux d’intérêt.

Le spectre des tarifs douaniers américains : la menace des 50 %

Si la dynamique interne s’améliore, l’environnement international du Canada demeure sous haute tension. L’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM / CUSMA), bien qu’il protège toujours la majorité des exportations canadiennes vers le voisin américain, fait désormais l’objet de révisions annuelles périodiques qui alimentent un climat permanent d’incertitude.

La situation s’est alourdie avec l’application récente de tarifs douaniers de 50 % au titre de la Section 338 sur une sélection de marchandises canadiennes. Cette décision américaine surcharge la facture douanière des exportateurs et risque d’empoisonner les futures négociations bilatérales. Outre l’impact direct sur les flux commerciaux, l’élévation des coûts du carburant fait peser un risque indirect sur l’ensemble des chaînes d’approvisionnement transfrontalières.

Secteur financier : alerte maintenue sur les créances et l’endettement des ménages

L’un des points de vigilance majeurs soulignés par l’agence de notation concerne la santé financière des ménages et la performance des produits de titrisation (ABS – Asset-Backed Securities). Fitch maintient une perspective en détérioration sur les cartes de crédit et les prêts automobiles adossés à des actifs.

Secteur du créditDiagnostic Fitch RatingsPerspectives 3Q26
Cartes de crédit (ABS)Rebond temporaire de la performance au 2Q26.Pression maintenue ; hausse modérée attendue des retards de paiement et des pertes sèches.
Prêts automobiles (ABS)Hausse continue des impayés liée aux problèmes d’accessibilité financière des véhicules.Maintien des impayés aux niveaux d’avant-pandémie en raison du coût de la vie.
Insolvabilité des particuliersStabilisation globale des retards de paiement dans le secteur de détail.Les faillites personnelles demeurent au-dessus des niveaux d’avant-pandémie, constituant un risque majeur.

En conclusion, si le Canada réussit à éviter un enlisement dans la récession grâce à la reprise de l’emploi, sa croissance reste sous perfusion. Entre l’étau des tarifs douaniers américains et le poids de l’endettement des ménages, la reprise canadienne de la fin 2026 s’annonce volatile et étroitement dépendante de la trajectoire des taux et de la consommation de détail.

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