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COMMERCE EXTERIEUR DE L’ALLEMAGNE: IDEES Réçues ET Réalités

On a coutume d’accuser l’Allemagne d’un comportement non coopératif à l’égard de ses partenaires européens en ce que, à partir des années 2000, elle aurait procédé à une déflation compétitive en baissant son coût du travail. La conséquence en serait qu’elle aurait accru le solde excédentaire de son commerce extérieur au détriment de ses partenaires européens dont le même solde se retrouve nécessairement déficitaire. Cette idée reçue est largement fausse comme le démontrent les graphiques qui suivent .

 

 

 

 
Tout d’abord le solde excédentaire du commerce extérieur de l’Allemagne à l’intérieur de l’Europe n’est pas apparu au cours des années 2000 et son existence ne peut pas être reliée aux réformes de la période Schröder. Il existait déjà en 1990 et en 2000, et même de façon bien plus importante en valeur relative : 36 milliards sur un total de 200 milliards d’exportations (18%) contre seulement 27 milliards prévus en 2014 sur un total de 664 milliards d’importations (4%). Ramené au total des exportations à l’intérieur de l’UE prévu pour 2014 (2953 milliards), ce solde bénéficiaire pour l’Allemagne et conséquemment déficitaire pour ses partenaires ne représente que moins d’1%. Au surplus, comme on le verra plus loin, ce déficit est le fait de la seule France.
b. La plus forte augmentation qu’a récemment connu l’Allemagne dans ses échanges, relativement à sa part de marché, se situe au niveau des importations en provenance de l’UE (637 milliards pour 2014 contre 503 en 2010), avec une part de marché passant de 19% en 2005 à 23% en 2014). Ce qui signifie que l’Allemagne est de très loin le pays qui « fait » le plus travailler ses partenaires pour s’approvisionner en biens et services.
c. Depuis 2007 les exportations de l’Allemagne vers l’UE ont baissé et ne vont retrouver leur niveau de l’époque qu’en 2013. En revanche, le commerce extérieur de l’Allemagne s’est considérablement développé en direction des pays en dehors de l’UE (pays émergents surtout) : de 340 à 493 milliards (45% d’augmentation) entre ces deux mêmes dates. Il importe donc de ne pas rester prisonnier de schémas intra-européens qui appartiennent déjà au passé : l’Allemagne regarde et se développe ailleurs !
d. Enfin la part de marché de l’Allemagne dans les exportations, qu’elles soient intra-européennes ou hors UE, reste globalement stable, contrairement à ce qu’on pourrait croire : 23% des exportations intra-européennes et 28% hors UE.

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