Par Julien Dauchez, Head of Client Solutions chez Natixis IM,
Inflation tenace, incertitudes sur les politiques des banques centrales, tensions géopolitiques, valorisations élevées sur certaines valeurs de croissance… En période de turbulences, la tentation est grande de désinvestir. Pourtant, l’histoire montre que rater les quelques jours de hausse historique d’un indice détruit beaucoup plus de performance à long terme, que d’être investi au mauvais moment.
La trajectoire du S&P 500 sur ces vingt dernières années illustre la puissance de la capitalisation à long terme, mais aussi l’extrême concentration de la performance sur un nombre limité de séances. Un investisseur exposé continuellement à l’indice sur la période aurait vu son capital initial multiplié par cinq. En revanche, manquer seulement les dix meilleures journées de trading aurait amputé la performance totale de… 55 % ; et en manquer quinze l’aurait réduite de 64 % ! Le message est clair : dans les phases de stress, le market timing devient un exercice particulièrement coûteux, car les meilleurs jours de marché interviennent souvent à proximité des plus fortes corrections.
Rester investi pour capter la croissance structurelle
C’est précisément ce qui explique le comportement actuel de nombreux investisseurs. Malgré un niveau d’incertitude élevé, beaucoup préfèrent rester investis plutôt que d’adopter une posture d’attente trop marquée. Comme le souligne l’expert en stratégie d’investissement Julien Dauchez dans son analyse sur l’impact dévastateur de rater les meilleures séances de marché, la crainte des gérants n’est pas uniquement la perte en capital. Elle est aussi celle de manquer une poursuite du mouvement, notamment sur les segments qui concentrent les moteurs de croissance structurelle, comme la technologie, l’intelligence artificielle ou certaines valeurs de qualité.
Quelle conséquence pour l’allocation des portefeuilles ?
Les portefeuilles ne doivent pas ignorer le risque. Au contraire, l’enjeu consiste à rester exposé, mais de manière plus sélective : diversification accrue, gestion active de la duration, recours à la volatilité en tant que classe d’actifs, calibration de poches de liquidité, recours à des stratégies défensives ou décorrélantes.
Dans les prochains mois, la discipline d’allocation sera donc essentielle. Pour les investisseurs professionnels, la question ne sera pas tant de sortir ou d’entrer sur le marché, mais de construire des portefeuilles capables d’absorber la volatilité sans renoncer aux rares journées qui font souvent l’essentiel de la performance de long terme.
Avertissement :
- Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
- Les investisseurs doivent examiner attentivement les objectifs d’investissements, les risques et les frais relatifs à tout investissement avant d’investir. Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de(des) l’auteur(s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle.





