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Au-delà du scrutin : les véritables moteurs des marchés financiers après les élections de mi-mandat américaines

Au-delà du scrutin : les véritables moteurs des marchés financiers après les élections de mi-mandat américaines

Michael Heldmann, CIO Equity chez AllianzGI

À l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, les investisseurs s’interrogent sur leurs conséquences pour les marchés financiers. Pourtant, l’expérience montre que les résultats électoraux, s’ils ont leur importance, ne constituent généralement pas le principal moteur des performances boursières. Pour les investisseurs de long terme, les véritables facteurs à surveiller restent l’évolution des taux d’intérêt, la croissance des bénéfices des entreprises et la poursuite du cycle d’investissement lié à l’intelligence artificielle.

La visibilité politique compte davantage que le résultat des urnes

Les échéances électorales provoquent souvent une multiplication des scénarios et des commentaires politiques. Cependant, ce n’est pas tant le vainqueur qui importe aux marchés que le niveau d’incertitude qui entoure les politiques futures. Une fois les élections passées, la clarification du cadre politique tend généralement à réduire l’incertitude et à soutenir l’appétit pour le risque. 

Les marchés apprécient notamment les environnements où les règles du jeu apparaissent stables et prévisibles. Ainsi, un gouvernement divisé à Washington est souvent perçu favorablement, car il réduit la probabilité de changements législatifs majeurs. Mais même une victoire nette d’un camp politique pourrait être bien accueillie si elle apporte davantage de visibilité sur l’orientation des politiques publiques. 

Les taux d’intérêt restent plus importants que la politique

L’impact réel d’une élection dépend avant tout de sa capacité à modifier les anticipations en matière d’inflation, de politique budgétaire ou de politique monétaire. Toute évolution susceptible d’accentuer les pressions inflationnistes peut conduire les investisseurs à anticiper des taux plus élevés. À l’inverse, un environnement budgétaire plus modéré pourrait favoriser une détente des rendements obligataires. 

Ces mouvements influencent directement les différents segments du marché actions. Les entreprises dont la valorisation repose davantage sur des flux de trésorerie proches dans le temps ont historiquement mieux résisté à des taux élevés. À l’inverse, les valeurs de croissance tendent à bénéficier d’un contexte de taux plus faibles. En définitive, la politique peut être le déclencheur, mais ce sont les taux qui transmettent ses effets à l’économie et aux marchés. 

Le facteur IA

S’appuyer uniquement sur les précédents électoraux serait toutefois réducteur. Le cycle actuel se distingue par le poids considérable de l’intelligence artificielle dans les perspectives de croissance et dans les attentes des investisseurs. Les décisions d’investissement, les prévisions de bénéfices et la performance de nombreux secteurs restent étroitement liées à cette thématique.  

Cette dynamique peut rendre moins fiables les schémas historiques reliant politique, taux et styles d’investissement. Même dans un environnement de taux élevés, les entreprises exposées aux infrastructures de l’IA, aux semi-conducteurs ou aux logiciels continuent d’attirer l’attention des investisseurs en raison du potentiel perçu de cette technologie. 

Pour autant, l’IA n’échappe pas au risque politique. Après les élections, les questions de régulation et de gouvernance pourraient prendre davantage d’importance. Une incertitude accrue sur le cadre réglementaire ou sur les perspectives de rendement des investissements pourrait remettre en cause certaines hypothèses actuellement intégrées dans les valorisations. 

Ne pas oublier la saison des résultats

Si la politique monopolise souvent l’attention médiatique, ce sont les bénéfices des entreprises qui créent la valeur sur le long terme. La prochaine saison de publication des résultats pourrait ainsi avoir davantage d’influence sur les marchés que les élections elles-mêmes. Des résultats solides seraient susceptibles de soutenir la résilience des marchés, tandis que des déceptions pourraient accroître la volatilité et renforcer la sensibilité des investisseurs aux développements politiques. 

Les investisseurs surveilleront non seulement la croissance des bénéfices, mais aussi les commentaires des dirigeants sur la demande, les dépenses d’investissement et les perspectives liées à l’intelligence artificielle. L’histoire montre que les événements politiques créent souvent du bruit, alors que les résultats d’entreprise constituent le véritable socle des performances de long terme. 

Un catalyseur de rotation plutôt qu’un tournant de marché

La tentation est grande, en période électorale, de désigner des gagnants et des perdants. Pourtant, la question essentielle est de savoir si les élections entraîneront des changements de politique susceptibles de modifier durablement l’environnement de marché. Selon nous, leur impact global pourrait être moins spectaculaire que beaucoup ne l’anticipent. 

Les élections pourraient surtout provoquer des rotations entre styles de gestion, secteurs ou régions en fonction des anticipations sur l’inflation, les taux d’intérêt et la stabilité des politiques publiques. Mais les principaux moteurs de performance devraient demeurer inchangés : l’évolution des taux, la solidité des bénéfices des entreprises et la poursuite du cycle d’investissement lié à l’IA. Lorsque l’attention médiatique retombera, les investisseurs pourraient constater une nouvelle fois que la volatilité politique compte davantage que la politique elle-même, et que les fondamentaux comptent davantage encore.

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