La communauté scientifique internationale et la diaspora béninoise pleurent la perte d’une figure intellectuelle de premier plan. Le Dr Jean-Charles Ahomadégbé s’est éteint ce vendredi 4 septembre 2026 à Paris, laissant derrière lui une œuvre académique majeure dans la lutte contre le cancer et un bilan associatif marquant au service des expatriés.
Fils de l’illustre président béninois Justin Tomètin Ahomadégbé, il a su transformer un puissant héritage républicain en une vie dédiée à l’excellence scientifique et à la solidarité communautaire. Sa disparition suscite une vive émotion des deux côtés de l’Atlantique.
Un pionnier de la recherche oncologique et moléculaire
Le Dr Jean-Charles Ahomadégbé a consacré sa vie à l’avancement des sciences médicales et à la compréhension des mécanismes tumoraux. Titulaire d’un doctorat en sciences médicales après la soutenance de sa thèse en 1990 à l’Université de Paris, ce spécialiste de la biochimie et de la biologie moléculaire a rapidement accédé au grade de maître de conférences.
Au cours de sa brillante carrière scientifique, il a notamment exercé au sein du célèbre Institut Gustave-Roussy à Villejuif, premier centre de lutte contre le cancer en Europe. Ses travaux de recherche, axés sur la cancérologie et la génétique des tumeurs, ont apporté des éclairages cruciaux dans le développement des thérapies de précision. Ses multiples publications dans des revues médicales spécialisées ont durablement assis sa réputation et son expertise auprès de ses pairs à l’échelle internationale.
Justin Ahomadégbé : un repère historique pour la jeunesse
Pour rappel, le nom Ahomadégbé renvoie directement aux fondations politiques du Bénin moderne. Son père, Justin Tomètin Ahomadégbé (1917‑2002), fut l’une des figures centrales de la vie publique nationale post‑indépendance, à l’époque où le pays portait encore le nom de République du Dahomey.
Chirurgien‑dentiste de formation et leader politique au tempérament affirmé, il a formé avec Hubert Maga et Sourou‑Migan Apithy le fameux « triumvirat » qui a profondément marqué l’histoire institutionnelle des années 1960 et 1970. Chef du gouvernement entre 1964 et 1965, il accède ensuite à la tête de l’État en mai 1972 comme président du Conseil présidentiel, quelques mois seulement avant le coup d’État de Mathieu Kérékou.
Un engagement communautaire reçu en héritage
Élevé dans ce cadre rigoureux d’exigence républicaine, le Dr Jean‑Charles Ahomadégbé a su tracer sa propre voie. Il a brillamment transposé la quête d’impact de son père du terrain politique vers le domaine des sciences et de l’action associative.
Le chercheur a ainsi exercé un leadership déterminant au sein de la société civile en présidant le Conseil des Béninois de France (CBF) ainsi que le FORIM (Réseau des diasporas solidaires) de 2011 à 2013. À la tête de la communauté expatriée, il a œuvré sans relâche pour la structuration, le co-développement et la défense des intérêts de ses compatriotes à l’étranger. Par l’excellence académique et le service rendu à la collectivité, il a magnifiquement pérennisé ce nom illustre de l’histoire béninoise.
Avec la disparition du Dr Jean‑Charles Ahomadégbé, le Bénin perd bien plus qu’un scientifique : il perd un homme bon, pétri d’engagement et d’une grande finesse, digne héritier d’une lignée qui a marqué la nation. Son nom restera désormais inscrit à la fois dans les annales de la recherche médicale et dans la mémoire collective de la diaspora béninoise.
À sa famille, à son épouse, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de la communauté scientifique, la rédaction adresse ses plus sincères condoléances.






