Régis de Laroullière (Forums Mac Mahon) et Didier Bazzocchi (CRAPS)
Les dernières prévisions démographiques de l’INSEE annoncent une France à 65,9 millions d’habitants en 2070, avec une population active en déclin et un vieillissement accéléré. Pour Régis de Laroullière et Didier Bazzocchi, respectivement membre du Conseil d’orientation et président du think tank CRAPS, ce scénario repose sur une hypothèse fragile : celle d’une immigration stable. Selon eux, les flux migratoires futurs seront nettement sous‑estimés, car la France devra compenser un déficit structurel d’heures travaillées et une pénurie croissante de main‑d’œuvre.
Les auteurs rappellent que la France souffre déjà d’un retard d’activité par rapport à ses compétiteurs européens. Si ce déficit persiste, la trajectoire démographique envisagée par l’INSEE devient peu probable. L’économie française devra alors attirer davantage de travailleurs étrangers pour maintenir son niveau de production, financer son modèle social et répondre aux besoins des secteurs en tension. Cette immigration de travail ne serait pas un choix idéologique, mais une nécessité économique liée au fonctionnement du marché du travail.

Edition 2026
Dans un commentaire publié sur LinkedIn, les auteurs résument leur position :
« Il y a urgence à regarder en face les nécessités économiques. S’agissant de l’immigration de travail, de quels profils avons-nous besoin, comment les attirer, comment les intégrer ? »
Ce message met en lumière un point souvent absent du débat public : la distinction entre immigration générale et immigration de travail qualifiée, indispensable pour répondre aux besoins de l’économie réelle. Les auteurs soulignent que les politiques migratoires doivent être pensées en fonction des profils nécessaires, de la capacité à attirer les compétences, et des conditions d’intégration économique.
La France entre dans une période où les départs à la retraite augmentent, la population active naturelle diminue, et la productivité ne compense plus le déficit d’heures travaillées. Dans ce contexte, les auteurs estiment que l’immigration deviendra un levier incontournable pour éviter une contraction durable de l’économie. Ils appellent à une approche plus réaliste des scénarios démographiques, intégrant explicitement l’évolution des flux migratoires et les besoins structurels du pays.

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Pour Régis de Laroullière et Didier Bazzocchi, la question centrale est de savoir comment maintenir la capacité productive de la France dans un contexte de déclin démographique. Ils invitent à une stratégie structurée : identifier les profils professionnels nécessaires, définir une politique d’attractivité, organiser une intégration efficace, et intégrer l’immigration de travail dans les prévisions quinquennales.
L’article original publié dans Les Echos — « Démographie : la France va avoir besoin de bien plus d’immigrés que ce que prédit l’INSEE » est accessible à cette adresse : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/demographie-la-france-va-avoir-besoin-de-bien-plus-dimmigres-que-ce-que-predit-linsee-2244315





