Les actions Rheinmetall ont dominé le DAX lundi, progressant de 3 % et confirmant un rebond amorcé après avoir touché un plus bas de plus d’un an. Ce regain d’intérêt des investisseurs s’explique par une recommandation positive de la banque Santander et par de nouvelles spéculations autour de l’engagement militaire des États‑Unis en Allemagne, un sujet qui influence fortement le marché européen de la défense.
Selon plusieurs médias, le Pentagone aurait renoncé au déploiement prévu d’une unité chargée de l’exploitation et de la maintenance de missiles de portée intermédiaire, dans le cadre de la réduction programmée des effectifs américains stationnés en Allemagne. Il y a deux ans, l’ancien président Joe Biden avait annoncé le retour, pour la première fois depuis la guerre froide, d’armes conventionnelles de portée intermédiaire capables d’atteindre le territoire russe, dans une logique de dissuasion.
Ce changement de stratégie pourrait contraindre l’Allemagne et l’Europe à renforcer leurs propres capacités, ouvrant la voie à une montée en puissance de l’industrie de défense européenne. Dans ce contexte, les titres Hensoldt et Renk évoluent également en territoire positif, profitant de l’intérêt renouvelé pour les entreprises d’armement allemandes.
Roderich Kiesewetter, spécialiste des questions de politique étrangère au sein de la CDU, a réagi à ces informations en évoquant la possibilité d’un développement conjoint de missiles avec l’Ukraine. Selon lui, l’Europe doit investir davantage dans sa défense conventionnelle et assumer une part plus importante du fardeau stratégique, afin de démontrer aux États‑Unis que la coopération transatlantique reste un atout mutuel.
La dynamique actuelle place ainsi Rheinmetall au centre des attentions : entre recommandations d’achat, hausse du cours de l’action et réflexions géopolitiques sur la présence militaire américaine, le groupe allemand confirme son rôle clé dans la recomposition du paysage européen de la défense.






