Alors que les questions d’allergies et d’intolérances alimentaires occupent une place croissante dans le débat public, la transparence sur la présence de gluten dans les produits transformés s’impose comme un enjeu majeur. En France, les associations de patients, les professionnels de santé et certains industriels alertent depuis plusieurs années sur les limites d’un système d’étiquetage jugé trop flou pour les consommateurs les plus vulnérables.
Un cadre réglementaire jugé insuffisant
Si la réglementation européenne impose la mention des allergènes, dont le gluten, elle laisse une marge d’interprétation importante aux fabricants. Les mentions « peut contenir », « traces possibles » ou « fabriqué dans un atelier utilisant… » ne permettent pas toujours d’évaluer le risque réel. Pour les personnes atteintes de maladie cœliaque, cette incertitude n’est pas anodine : la moindre exposition peut entraîner des réactions sévères et des complications à long terme.
Les associations dénoncent un « angle mort » réglementaire : la contamination croisée. Dans de nombreuses filières, notamment céréalières, la présence involontaire de gluten reste difficile à contrôler et encore plus difficile à détecter pour le consommateur.
Une demande croissante de la société civile
Les organisations de patients réclament une harmonisation plus stricte, inspirée des pays ayant déjà renforcé leurs exigences. Elles demandent notamment :
- une clarification des seuils de gluten résiduel
- une meilleure traçabilité des céréales à risque
- un encadrement précis des mentions liées à la contamination croisée
- des contrôles renforcés dans les chaînes de production
Selon elles, la France accuse un retard qui fragilise la confiance du public et complique le quotidien des personnes concernées.
Un enjeu économique autant que sanitaire
Les industriels, de leur côté, reconnaissent la nécessité d’une meilleure lisibilité, tout en soulignant les contraintes techniques et financières liées à un contrôle strict du gluten. Mais le marché du « sans gluten », en pleine expansion, montre que la demande existe et que la transparence peut devenir un levier de compétitivité. Les marques qui investissent dans des filières sécurisées gagnent en crédibilité et en parts de marché.
Vers une nouvelle culture de l’information alimentaire
La France se trouve aujourd’hui à un tournant. Entre les attentes des consommateurs, les avancées scientifiques et les initiatives internationales, la pression s’accentue pour moderniser l’étiquetage et renforcer la protection des personnes sensibles.
La transparence sur le gluten n’est plus un simple sujet technique : c’est un indicateur de la capacité du pays à garantir une information fiable, accessible et adaptée aux enjeux de santé publique contemporains. Dans un contexte où la confiance dans l’industrie agroalimentaire est régulièrement mise à l’épreuve, la clarté devient un impératif.







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