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Serge Cholley : ce que prépare réellement la Chine contre Taïwan

Le général Serge Cholley analyse les préparatifs militaires de la Chine contre Taïwan et décrypte les scénarios possibles d’escalade dans le détroit.

Le président chinois Xi Jinping, installé dans un pouvoir personnel sans précédent depuis Mao Zedong, prépare son quatrième mandat de cinq ans, ayant rompu en cela avec la règle voulue par Deng Xiaoping de deux mandats consécutifs. Il a menacé à plusieurs reprises d’utiliser la force pour parvenir à l’unification de la République populaire de Chine (RPC) avec la République de Chine, et a fermement rappelé au président américain, lors de sa visite à Pékin en mai 2026, que Taïwan était une ligne rouge à ne pas franchir pour les États‑Unis.

Le général Serge Cholley analyse les préparatifs militaires de la Chine contre Taïwan et décrypte les scénarios possibles d’escalade dans le détroit.
Le général Serge Cholley analyse les préparatifs militaires de la Chine contre Taïwan et décrypte les scénarios possibles d’escalade dans le détroit.

À peine quelques heures après avoir été sermonné par le président chinois, Donald Trump adressait un sévère avertissement à Taïwan, dans une interview donnée à Fox News, l’exhortant à ne pas chercher à obtenir son indépendance : « Je ne souhaite pas que quelqu’un devienne indépendant. Et, vous savez, on serait censés parcourir 9 500 miles pour aller faire la guerre. Ce n’est pas ce que je veux. Je veux qu’ils se calment. Je veux que la Chine se calme. » Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, peut clamer que la politique étrangère américaine vis‑à‑vis de Taïwan restait inchangée ; quelques semaines plus tard, le président Trump suspendait une vente d’armes à Taïwan d’un montant de 14 milliards de dollars et rejetait les « six garanties » — un engagement pris depuis des décennies par Washington de maintenir les capacités de défense de Taïwan et de ne jamais négocier sa sécurité avec Pékin. En jouant la carte de la sécurité de Taïwan comme un simple « atout de négociation », selon ses propres termes, Trump récompense Xi Jinping, qui peut se réjouir de l’affaiblissement de la politique de sécurité de Taïpei, mais aussi plus globalement des alliances américaines dans le Pacifique. C’est une modification profonde de l’équilibre régional des pouvoirs auquel nous assistons, similaire à celui observé en Europe et au Moyen‑Orient, au détriment des États‑Unis.

Pour Taïwan, la situation a rarement été plus critique. Modèle de démocratie pour le monde chinois, il est un caillou dans la chaussure du Parti communiste chinois (PCC). Le statu quo, ni indépendance ni annexion, qui semblait convenir à toutes les parties, est dorénavant remis en cause par le président chinois Xi Jinping. Certes, l’unification (on évitera le terme de « réunification », qui ressortit de la rhétorique du PCC) est au cœur de la politique chinoise depuis plusieurs décennies. Mais son acuité a encore grandi lorsque Xi Jinping a inscrit Taïwan dans son rêve chinois et dans ses ambitions autocratiques qui ont mis tout un système à sa botte.

Le général Serge Cholley analyse les préparatifs militaires de la Chine contre Taïwan et décrypte les scénarios possibles d’escalade dans le détroit.

Même si l’usage de la force n’est qu’une option parmi d’autres, les déclarations du président chinois sont à prendre au sérieux si l’on se réfère aux propos belliqueux qui se sont traduits dans les faits par son complice Poutine en Géorgie, puis en Crimée et en Ukraine. Les échecs stratégiques de la supériorité militaire russe et américaine respectivement en Ukraine et en Iran pourraient amener Xi Jinping, qui a le temps pour lui, à privilégier un étouffement économique de l’île ou des manœuvres de manipulation de l’opinion à l’occasion des prochaines élections présidentielles taïwanaises, en 2028, pour accomplir son rêve.

Pourtant, l’impressionnante montée en puissance de l’appareil militaire chinois, dans un format résolument offensif, destiné à acquérir la supériorité dans le détroit de Taïwan, à bloquer tout accès à l’île, à s’en emparer et à tenir à distance les forces américaines, ne doit pas être vue comme du bluff. Les purges en cours dans l’Armée de libération populaire (ALP) pourraient trahir des dissensions entre partisans d’une action armée et tenants d’un statu quo, entre les nationalistes qui croient pouvoir rétablir une vision impérialiste du pouvoir par la force et les réalistes qui craignent ne pas avoir encore la puissance nécessaire.

Le général Serge Cholley analyse les préparatifs militaires de la Chine contre Taïwan et décrypte les scénarios possibles d’escalade dans le détroit.

Si l’auteur de ces réflexions n’a pas d’avis tranché, son expérience de la Chine et de ses relations avec l’ALP l’amène à examiner l’option armée de l’annexion de Taïwan. Parce qu’en ces temps où la « force du droit » a laissé la place au « droit à la force », au retour des impérialismes désinhibés, servis par des technologies de rupture et des récits historiques de revanche, pour façonner un nouvel ordre mondial différent de celui imposé par les Occidentaux en 1945, le recours à la violence armée reste probable.

Après avoir identifié les acteurs, examiné le calendrier, abordé la géographie, l’article se propose de disséquer…

Les acteurs

Le Président taïwanais est vu comme un dangereux séparatiste par le PCC. Coincé entre les pressions militaires de Pékin et les exigences commerciales de Washington, le Président Lai Ching‑te est engagé dans un périlleux exercice d’équilibriste, entre fermeté et ouverture vers la Chine continentale.

Xi Jinping, qui a inscrit l’unification de Taïwan dans son rêve chinois et qui a donné l’ordre à l’ALP, à la veille du XXᵉ congrès du PCC, d’achever sa modernisation non plus en 2035 mais en 2027, observe attentivement le conflit ukrainien, sans qu’on sache si c’est un exemple dissuasif. Mais l’invasion de l’Ukraine est sûrement un enseignement pratique et une occasion de mesurer la détermination de l’Occident. Il est évident que si la Russie l’emporte en Ukraine, ce sera un encouragement pour Xi Jinping de passer à l’action. À contrario, si Poutine échoue, Xi Jinping y réfléchira à deux fois, en mesurant le coût et en s’interrogeant sur le niveau réel de préparation de son armée.

La comparaison avec l’Ukraine a cependant ses limites, puisque : l’Ukraine est un État membre des Nations unies, tandis que Taïwan ne l’est pas ; Russie et Ukraine sont des pays continentaux contigus, ce qui permet une réversibilité par un retrait des troupes de l’agresseur ; et un échec ne précipitera pas forcément la chute de Poutine, alors qu’il signerait probablement l’effondrement de Xi Jinping et du PCC.

L’enlisement des forces russes en Ukraine pourrait pousser le président Poutine à encourager Xi Jinping à passer à l’action à Taïwan afin d’accélérer l’éloignement des États‑Unis de l’Europe et diminuer davantage l’appui de Washington à Kiev. Les documents récupérés par le groupe d’hacktivistes BlackMoon révèlent l’existence d’un plan, Sword‑208, pour l’invasion militaire de Taïwan, dans lequel la Russie apporterait son expertise sur les chaînes de command & control (C2) et les opérations aéroportées, ainsi que son retour d’expérience de ses opérations en Ukraine. Comme évoqué dans un rapport du Royal United Services Institute (RUSI) publié le 26 septembre 2025, « la Russie aide la Chine à se préparer à s’emparer de Taïwan » et « le lien Russie‑Chine s’est trouvé renforcé par la guerre en Ukraine ».

Si en 2022, le Président Joe Biden avait clairement affirmé que les États‑Unis défendraient Taïwan en cas d’invasion chinoise, ce qui signifiait qu’il était prêt à engager son pays et la RPC sur une trajectoire de conflit, le soutien américain est redevenu douteux avec l’administration Trump. Les déclarations de Joe Biden, qui était passé de l’ambiguïté à une clarté stratégique, sont révisées par celles de Donald Trump, notamment à la sortie de sa visite à Pékin en mai 2026.

Malgré le Taiwan Relations Act, qui prévoit la livraison par les États‑Unis d’équipements et la formation pour la défense de Taïwan, le précédent ukrainien fragilise la crédibilité de l’appui et du soutien américains. Par ailleurs, en affirmant sa volonté d’annexer le Groenland et après avoir menacé d’user de la force militaire pour parvenir à ses fins, en déclenchant sans mandat des Nations unies la guerre contre l’Iran, le Président américain banalise les menaces chinoises sur Taïwan et légitime la loi du plus fort en violation du droit international. Il donne ainsi le mauvais exemple.

Il faut enfin prendre en compte les mouvements pro‑Pékin au sein de la société taïwanaise : une partie de la population, certains partis politiques et les triades manipulées par Pékin, susceptibles de faciliter l’intrusion et l’action des forces spéciales chinoises.

Le calendrier

Une opération d’invasion militaire chinoise de Taïwan pourrait porter le nom de « Tonnerre dans le détroit » et l’échéance, souvent citée, est l’année 2027.

En 2021, l’amiral Phil Davidson, alors commandant de l’US INDOPACOM, l’un des « combattant commands » de l’armée américaine, avait déclaré devant le Congrès que la Chine pourrait envisager d’envahir Taïwan d’ici 2027. Bien que les services de renseignement américains n’aient pas confirmé de plans concrets de la marine chinoise pour mener cette attaque, il apparaît qu’elle se prépare bel et bien activement à cette éventualité. La période post‑2027, surnommée « la fenêtre de Davidson », est donc devenue un enjeu dans la planification militaire américaine.

2027, correspondant au centenaire de l’ALP et à la fin du troisième mandat de Xi Jinping, était donc souvent évoquée. D’autant plus que les 800 pages de documents obtenues par le groupe d’hacktivistes BlackMoon révélaient les ordres donnés par Xi Jinping à l’ALP pour qu’elle soit prête à s’emparer militairement de Taïwan d’ici 2027.

Pourtant, les purges au plus haut sommet de la hiérarchie militaire chinoise, et la préparation active d’un quatrième mandat de Xi Jinping, semblent éloigner cette échéance. Ainsi, celle de 2049, correspondant au centenaire de la RPC, a longtemps été privilégiée par les spécialistes comme la date limite pour l’unification. L’année 2035 avait aussi été évoquée pour la mise à niveau de l’ALP afin d’entreprendre une telle opération d’envergure.

Il n’y a donc aucune certitude. Être prêt ne signifie pas que la décision sera prise à cette date. Il y a en effet un écart entre la capacité à le faire et l’intention. D’une part, parce que l’ALP n’est plus au cœur du processus décisionnel en Chine et, de fait, la symbolique de son centenaire n’est plus aussi importante qu’elle n’a pu l’être auparavant. D’autre part, parce que Xi Jinping pourrait ne pas renoncer à briguer un mandat à vie.

La géographie

Les lieux d’une action militaire sont multiples : du détroit de Taïwan, dans le cadre d’un scénario de blocus, aux plages, ports, aéroports et zones urbaines, dans l’hypothèse d’une invasion militaire. Les planificateurs militaires chinois ont probablement préparé un scénario d’occupation par une opération faisant appel aux trois composantes maritime, aérienne et terrestre (sans compter les opérations dans l’espace exo‑atmosphérique, dans l’espace cyber et dans les champs électromagnétiques et de l’influence), ou l’imposition d’un blocus. Les précédentes grandes manœuvres conduites par l’ALP et qui se sont succédé montrent la volonté d’isoler l’île par l’action combinée des forces navales et aériennes.

Mais la superposition des scénarios est aussi une option crédible. Les actions chinoises pourraient débuter par la prise des îles avancées (Matsu, Kinmen, voire Penghu) pour forcer l’exécutif taïwanais à lancer des négociations, suivie d’un blocus, puis d’une attaque coordonnée contre l’île principale.

Les modes d’action

Le pire des scénarios est celui de l’invasion militaire de grande envergure. Les précédents exercices chinois, qui n’étaient pas improvisés et qui trahissent des plans bien préparés, ont en commun un effort particulier au Nord et au Sud. Ces deux axes d’effort probables ne sont pas sans rappeler des précédents historiques. Cette constance en face de Kaohsiung, au sud de l’île, ramène en effet aux plans élaborés par les États‑Unis en 1944, dans le cadre de l’opération « Causeway » qui devait chasser les Japonais de l’île de Formose et qui ne fut jamais lancée.

Un débarquement à grande échelle exige en effet un effort logistique colossal, pour l’acheminement de centaines de milliers de combattants et de tonnes d’équipements. À l’identique, à la même période, en Europe, le débarquement en Normandie en juin 1944 était surtout une immense manœuvre logistique qui se jouait dans la course à la prise de contrôle d’un port d’importance.

Kaohsiung, qui est le plus grand port de Taïwan, est assurément au cœur des plans chinois, car il représente un véritable goulet d’étranglement à Taïwan dans un scénario de blocus, et un point d’entrée pour envahir l’île dans le scénario de l’invasion militaire. D’ailleurs, ce centre de gravité de la manœuvre chinoise est révélé par les exercices chinois qui ont vu des bâtiments de sa marine à 20 Nm du port où sont stationnées les forces navales taïwanaises. Les concessions commerciales chinoises dans le port de Kaohsiung ont aussi été l’occasion pour les services de renseignement chinois d’en connaître tous les détails en termes d’accès, de vulnérabilité et de points critiques, autant de renseignements nécessaires pour l’élaboration de plans d’attaque.

L’autre constante lors des exercices menés par la Chine est la menace directe sur la capitale Taïpei, le centre du pouvoir, dans le secteur de Hsinchu‑Taoyuan. Les plages étant étroites et peu propices à un débarquement de grande envergure, le contrôle d’un aéroport constituerait alors l’effort principal. Outre la décapitation du pouvoir par des bombardements, à l’instar des opérations israélo‑américaines en Iran, la prise de contrôle des lieux de pouvoir par des forces spéciales est certainement envisagée, comme tentèrent de le faire en vain les Russes en février 2022 en Ukraine. Les combats pour la prise de contrôle de l’aéroport d’Hostomel près de Kiev furent à cet égard décisifs, et il s’en fallut de peu pour que le sort de la guerre en fût radicalement changé.

Dans les deux extrémités de l’île, les combats seront ensuite menés en milieu urbain, aussitôt après la prise de contrôle des deux centres de gravité de l’opération, respectivement le port de Kaohsiung et un aérodrome au plus près de Taïpei.

Si les trois principes de la guerre du maréchal Foch — liberté d’action, économie des moyens, concentration des forces — demeurent d’invariables fondamentaux, il en est un quatrième tout aussi important pour un assaillant : celui de la surprise. Dans le scénario d’une invasion militaire, l’ALP pourrait faire diversion en débarquant à un endroit inattendu pour éviter des combats prématurés dans les mégapoles. La côte Est de l’île, montagneuse, exposée aux aléas climatiques, considérée comme peu propice à un débarquement, est à cet égard souvent négligée par les planificateurs.

Comme pour l’opération « Overlord », qui demeure la référence en matière de débarquement, l’emploi d’un port artificiel, inspiré du port flottant d’Arromanches en juin 1944, est indispensable en attendant la prise de contrôle d’une infrastructure portuaire. Pékin entend montrer que l’ALP dispose dorénavant de ce type de capacité, en organisant des fuites ou en laissant publier de tels indices. Ainsi, le 13 mai 2025, sur X, ont été postés des clichés d’un port flottant dans le Guangdong à Zhanjiang, sur l’île de Nansan. De couleur grise, dans une livrée visiblement militaire, des barges amphibies auto‑élévatrices avec des travées de 120 m de long, pour une jetée d’une longueur totale de 820 m, pourraient soutenir un assaut amphibie et permettre ainsi le contournement du dispositif de défense des ports taïwanais.

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Comme évoqué plus haut, le calendrier de Xi Jinping pour une action de force contre Taïwan n’est pas connu et n’existe peut‑être pas. Si la volonté d’annexion est clairement exprimée, si les capacités à passer à l’acte sont réunies, l’intention d’y aller répondra de l’opportunité : à l’occasion d’une nouvelle simulation de blocus ou d’invasion, par une banalisation des exercices (rappelons que l’invasion de l’Ukraine par la Russie était précédée de l’exercice ZAPAD en 2021), ou d’une autre déclaration maladroite de Donald Trump (annexion par la force du Groenland, remise en cause du Taiwan Relations Act).

Le déclenchement d’un blocus ou d’une opération amphibie et aéroportée aura cependant des signes précurseurs, telles que des actions de coercition économique, une augmentation sensible des attaques cyber et une campagne de désinformation à destination de la population chinoise, taïwanaise et de la communauté internationale.

Le général Serge Cholley analyse les préparatifs militaires de la Chine contre Taïwan et décrypte les scénarios possibles d’escalade dans le détroit.

En conclusion, n’ayant pas de levier d’influence sur la montée en puissance des capacités de l’ALP, ni sur le calendrier de Xi Jinping, et encore moins sur les changements d’humeur et de posture du Président Trump, il convient dès lors pour Taïwan et ses alliés de tenter de dissuader le nouvel empereur de Chine. Car une guerre dans le détroit de Taïwan aurait des conséquences désastreuses sur l’économie mondiale, bien plus importantes que celles consécutives à la guerre dans le détroit d’Ormuz, selon les économistes qui évoquent un séisme économique mondial, avec des répercussions sur le commerce, la technologie, l’énergie et la finance, dont les effets se feraient sentir pendant des décennies.

Comme le disait l’ancien Chairman of the Joint Chiefs of Staff américain en 2023, le général Mark Milley : « You want to make sure that every single day, President Xi wakes up and says, ‘Today is not that day,’ and that that decision never comes. » (Il faut s’assurer que chaque jour, le Président Xi se réveille en se disant : « aujourd’hui n’est pas ce jour‑là », et que cette décision ne soit jamais prise.)

Un prochain article sera l’occasion, à l’aune des enseignements tirés de la guerre en Ukraine, d’examiner les modes d’action défensifs taïwanais pour dissuader Xi Jinping de passer à l’acte.

Le général de corps d’armée aérienne (2ᵉ section) Serge Cholley, diplômé de l’INALCO et de l’Université de Hong Kong en langue chinoise, a exercé les fonctions d’attaché de l’air (1993‑1996) puis d’attaché de défense (2012‑2014) à Pékin. Il a également été affecté à deux reprises à la division « monde chinois » de la Direction du renseignement militaire, où il a contribué à l’analyse stratégique des dynamiques de sécurité en Asie orientale.

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