Au cours des quatre dernières années, les banques centrales ont accumulé en moyenne 1 000 tonnes d’or par an, soit le double du rythme observé lors de la décennie précédente (500 tonnes). Cette accélération inédite s’inscrit dans un environnement international marqué par une hausse des incertitudes géopolitiques et économiques.
L’édition 2026 de l’enquête annuelle sur les réserves d’or des banques centrales (Central Bank Gold Reserves Survey – CBGR) – menée du 5 février au 19 mai 2026 auprès d’un échantillon record de 76 banques centrales – offre une radiographie précise de la stratégie des gestionnaires de réserves mondiaux dans un contexte de turbulences régionales et mondiales.

Les 5 plus grands détenteurs de réserves d’or au monde
Avant d’analyser les perspectives futures, il convient de rappeler la répartition du stock mondial. Le sommet du classement reste largement dominé par les nations occidentales historiques, bien que les puissances émergentes renforcent activement leurs positions :
| Rang | Pays | Réserves d’or (en tonnes) | Part des réserves totales (%) |
| 1 | 🇺🇸 États-Unis | 8 133,5 t | ~70-84 % |
| 2 | 🇩🇪 Allemagne | 3 350,3 t | ~69-84 % |
| 3 | 🇮🇹 Italie | 2 451,8 t | ~67-81 % |
| 4 | 🇫🇷 France | 2 437,0 t | ~65-82 % |
| 5 | 🇷🇺 Russie | 2 327,2 t | ~47 % |
(Source : Données World Gold Council & FMI, 2026. Note : La Chine suit immédiatement le Top 5 à la 6ᵉ position avec environ 2 313 tonnes).
Enseignements et points saillants de l’enquête 2026
1. Un optimisme historique sur les achats d’or
- Au niveau mondial : 89 % des répondants estiment que les réserves mondiales d’or des banques centrales continueront d’augmenter au cours des 12 prochains mois.
- Au niveau individuel : Un sommet historique de 45 % des banquiers centraux interrogés prévoient d’accroître les réserves d’or de leur propre institution au cours de l’année à venir (contre 1 % anticipant une baisse).
2. Motivations clés : Sécurité, inflation et géopolitique
Les arbitres des réserves nationales privilégient l’or pour trois raisons fondamentales :
- Sa performance démontrée en période de crise financière ou géopolitique.
- Son rôle de protection et de couverture contre l’inflation.
- La volonté de diversifier les portefeuilles d’actifs pour réduire la dépendance au risque souverain tiers.
3. Déclin du dollar et reconfiguration des réserves de change
Une nette majorité de 74 % des répondants anticipent une baisse modérée à significative de la part du dollar américain (USD) dans les réserves de change mondiales d’ici cinq ans. Si la part attribuée à l’euro et au renminbi devrait rester stable, la part consacrée à l’or physique est appelée à croître.
4. Financement des nouveaux achats
Interrogées sur leurs modalités d’approvisionnement :
- 50 % des banques centrales s’appuient sur des programmes d’achat nationaux financés en monnaie locale.
- 38 % financent l’acquisition par la réallocation ou la vente d’autres actifs de leurs réserves de change.
Localisation et rapatriement des coffres-forts
Bien que la Banque d’Angleterre demeure le lieu de dépôt international privilégié (57 % des répondants), la tendance vers la réallocation et la souveraineté de stockage s’accentue :
- Stockage national : Deuxième position globale choisie par 49 % des institutions.
- Banque des Règlements Internationaux (BRI) : Élisible par 16 % des répondants (en légère hausse).
- Banque Nationale Suisse (BNS) : Baisse notable de popularité, passant de 12 % en 2025 à 6 % en 2026.
Tendance au rapatriement et à la diversification :
Au cours des 12 derniers mois, 9 % des institutions ont augmenté leur capacité de stockage nationale et 10 % ont diversifié leurs lieux de stockage à l’étranger (contre respectivement 5 % et 2 % l’année précédente). Cette dynamique se confirme pour les 12 prochains mois, où 7 % prévoient de renforcer leurs capacités nationales et 9 % d’accroître la diversification internationale.






