À la tête de la FIFA depuis 2016, Gianni Infantino lancera la Coupe du monde aux côtés de Donald Trump le 11 juin 2026. Portrait d’un homme de pouvoir très controversé, radiographié dans le livre FIFA Connection (Flammarion) du journaliste Simon Bolle, après deux ans d’une enquête sans concession.
Du juriste technocrate à l’homme de confiance de l’UEFA
Né à Brigue dans le canton du Valais en Suisse, fils d’immigrés italiens (père originaire de Reggio de Calabre, mère de la Val Camonica), le dirigeant détient aujourd’hui les nationalités italienne, suisse et libanaise. Diplômé en droit de l’université de Fribourg, ce polyglotte maîtrisant sept langues (allemand, français, anglais, espagnol, italien, portugais, arabe) débute son ascension comme conseiller pour les ligues italienne, espagnole et suisse.
Entre à l’UEFA en 2000 au département juridique, il gravit patiemment les échelons : directeur des affaires juridiques, directeur général par intérim, puis homme de confiance indispensable de Michel Platini dès 2007. Nommé secrétaire général de l’UEFA en 2009, il devient le grand artisan du Fair-play financier, de l’Euro à 24 équipes et le visage familier des tirages au sort européens.
Un monarque du sport-business déconnecté des règles
Sous le vernis du juriste rigoureux se dessine pourtant le portrait d’un dirigeant guidé par la gestion des influences, la fiscalité avantageuse et l’exercice solitaire du pouvoir :
- Un ancrage fiscal et privé opportuniste : Marié à Lina Al Achkar et père de quatre filles, il déplace en 2022 son domicile fiscal vers le canton suisse de Zoug aux taux privilégiés, tout en louant une résidence au Qatar sur l’île artificielle The Pearl à Doha.
- L’ingérence politique poussée à l’extrême : En juillet 2026, lors du 16ᵉ de finale du Mondial opposant les États-Unis à la Bosnie-Herzégovine, l’attaquant américain Folarin Balogun écope d’un carton rouge. Sur intervention directe du président américain Donald Trump auprès d’Infantino, la FIFA commue la suspension en sursis d’un an, permettant au joueur de disputer le quart de finale.
- Un tollé sur l’équité sportive : Cette décision suscite une vague de protestations au sein de l’UEFA, de la Fédération belge et des observateurs internationaux, mettant à mal la neutralité et le fair-play censés régir la FIFA.
L’enquête de Simon Bolle confirme ainsi l’image d’un patron mondial du football qui s’affranchit des règles pour consolider son réseau d’influence géopolitique






