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Orient-Express : histoire, renaissance et trains de luxe héritiers du mythe

Intérieur Art déco d’une voiture de l’Orient-Express avec boiseries et luminaires signés Lalique.

Train mythique parmi les mythes, l’Orient-Express continue de fasciner bien après son dernier voyage en 1977. Si la marque est jalousement protégée, son esprit, lui, s’est diffusé dans le monde entier. Aujourd’hui encore, plusieurs trains de luxe revendiquent son héritage et perpétuent l’art du voyage lent et raffiné.

Aux origines du mythe : George Nagelmackers

L’histoire de l’Orient-Express commence avec George Nagelmackers, industriel belge visionnaire. Séduit par les wagons-couchettes Pullman lors d’un voyage aux États-Unis, il fonde en 1872 la Compagnie Internationale des Wagons-Lits (CIWL). Son ambition : créer un train confortable et élégant capable de relier l’Europe d’un seul trait.

Le 4 octobre 1883, son rêve devient réalité. Le premier Orient-Express quitte la gare de l’Est à Paris en direction de Constantinople, à plus de 3 000 km. Le train traverse l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la Roumanie… Une révolution ferroviaire est en marche.

L’Orient-Express, un art de vivre sur rails

Très vite, le train s’impose comme une référence absolue du voyage de luxe. Dans les années 1920, les plus grands artistes contribuent à son esthétique Art déco. Le décorateur René Prou imagine boiseries sculptées, lampes en bronze poli et marqueteries raffinées. Le maître verrier René Lalique orne les cloisons de nymphes et de fleurs stylisées.

Cuir, acajou, laques profondes : l’Orient-Express devient un véritable palace roulant. Son aura s’amplifie encore avec le roman d’Agatha Christie Le Crime de l’Orient-Express (1932), qui contribue à forger sa légende.

Célébrités et têtes couronnées s’y pressent : Joséphine Baker, Marlène Dietrich, Lawrence d’Arabie… Le train incarne un art de vivre chic, glamour et mystérieux.

Le déclin d’un train mythique

Malgré son prestige, l’Orient-Express subit les bouleversements du XXᵉ siècle. Les contrôles douaniers interminables dans les pays de l’Est et l’essor de l’avion finissent par avoir raison de son attractivité. Le 20 mai 1977, le train effectue son dernier voyage entre Paris et Istanbul. Ses voitures sont vendues aux enchères.

La renaissance : Belmond et Accor relancent la légende

En 1982, la compagnie Belmond relance l’esprit du train avec le Venice Simplon-Orient-Express, qui relie Paris à Venise et propose chaque année un voyage exceptionnel jusqu’à Istanbul.

En 2022, nouveau rebondissement : la SNCF revend la marque Orient Express au groupe Accor. Le groupe hôtelier annonce alors un projet spectaculaire : remettre en service les treize voitures Art déco originelles, retrouvées près de la frontière biélorusse. Restaurées avec soin, elles circuleront à partir de 2025 sous le nom Nostalgie-Istanbul-Orient-Express.

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