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Michel Barnier, trajectoire française et européenne

Parcours de Michel Barnier : de la Savoie aux responsabilités européennes, entre Jeux d’Albertville, environnement, diplomatie française et construction européenne.

Fils de Jean Barnier et Denise Durand, Michel Barnier appartient à cette génération pour laquelle l’engagement politique se confond avec une vocation précoce. À quatorze ans, il rejoint le mouvement gaulliste, comme d’autres entrent en apprentissage, mû par une intuition simple : la politique est un métier qui s’apprend tôt, au contact du réel. Diplômé de l’École supérieure de commerce de Paris en 1972, il choisit de consacrer sa vie à l’action publique, d’abord en Savoie, puis sur les scènes nationale et européenne.

En 1978, il est élu député de la Savoie. À vingt‑sept ans, il devient le plus jeune parlementaire de l’Assemblée nationale, symbole d’une génération qui entend conjuguer enracinement territorial et ambition nationale. Son ancrage savoyard demeure l’un des fils conducteurs de sa carrière. Dès 1982, à la présidence du conseil général de la Savoie, il s’associe à Jean‑Claude Killy pour porter la candidature et l’organisation des XVIᵉ Jeux olympiques d’hiver d’Albertville et de la Savoie (1992), événement structurant qui marque durablement le territoire et son développement.

Très tôt attentif aux enjeux environnementaux, Michel Barnier engage dès 1986 une politique volontariste de protection de l’environnement en Savoie. En 1990, il publie Chacun pour tous et cent propositions pour l’environnement, un rapport parlementaire qui témoigne de cette sensibilité. Nommé ministre de l’Environnement en 1993, il défend une écologie pragmatique, attentive aux usages et aux territoires. En 1995, il crée la Commission nationale du débat public, destinée à accompagner les grands projets d’infrastructures, et lance le premier débat national sur l’énergie.

La construction européenne constitue l’autre axe majeur de sa trajectoire. De 1995 à 1997, il est ministre délégué aux Affaires européennes et conduit la délégation française lors de la négociation du Traité d’Amsterdam. Il œuvre alors à renforcer la présence française en Europe centrale, orientale et baltique, tout en cherchant à mieux expliquer l’Europe aux citoyens, convaincu que l’intégration européenne ne peut se faire sans pédagogie.

Nommé commissaire européen en 1999, il se voit confier la politique régionale et la cohésion, ainsi que la réforme institutionnelle. Lors du Conseil européen de Laeken (2001), il est désigné pour représenter la Commission au sein du Præsidium de la Convention sur l’avenir de l’Union, présidée par Valéry Giscard d’Estaing. Il y préside le groupe de travail sur la défense européenne, dans le cadre de la réflexion sur une future Constitution européenne.

En 2003, il fonde le club politique Nouvelle République, espace de dialogue entre responsables politiques, chefs d’entreprise et membres de la société civile, destiné à ouvrir le débat français aux idées européennes et internationales.

Le 31 mars 2004, il devient ministre des Affaires étrangères. À la tête de la diplomatie française, il suit notamment les dossiers liés à la coopération internationale et au développement durable. Durant l’été 2004, il participe aux efforts diplomatiques visant à obtenir la libération des journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot, enlevés en Irak, puis s’implique dans les démarches menées pour la libération de Florence Aubenas.

En 2005, il rejoint le Conseil d’État. L’année suivante, il devient vice‑président du groupe Mérieux Alliance, chargé des relations avec les grandes organisations internationales de santé. Il quitte ces fonctions en 2007, lors de son retour au gouvernement comme ministre de l’Agriculture et de la Pêche.

Parallèlement, il occupe des responsabilités européennes : vice‑président du Parti populaire européen (PPE), conseiller spécial du président de la Commission José Manuel Barroso, et auteur d’un rapport proposant la création d’une force européenne de protection civile.

En 2009, il conduit la liste de l’UMP en Île‑de‑France aux élections européennes, avant d’être nommé en 2010 commissaire européen au Marché intérieur et aux Services. En 2014, il est candidat à la candidature du PPE pour la présidence de la Commission européenne. Battu par Jean‑Claude Juncker, il publie peu après Se reposer ou être libre, ouvrage dans lequel il expose sa vision du projet européen.

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