Pendant que la presse mainstream s’est longtemps contentée des versions officielles, Jefferson Morley a fait du doute méthodique sa ligne de conduite. Journaliste d’investigation, historien et figure majeure de la contre-enquête américaine, il est devenu, au fil de quatre décennies de recherches, l’un des observateurs les plus éclairés des arcanes de la CIA et des secrets les plus enfouis de la Maison-Blanche.
Né à Minneapolis et diplômé de la prestigieuse université Yale, Jefferson Morley s’inscrit dans une filiation intellectuelle exigeante : son grand-père, Felix Morley, fut une plume légendaire du journalisme américain et lauréat du prix Pulitzer. Très tôt, le jeune journaliste fait ses armes au sein des rédactions les plus exigeantes, de The New Republic aux colonnes du Washington Post, où il officie pendant quinze ans. Ses enquêtes au long cours et ses prises de position aiguisées lui valent également d’être publié par des médias de référence tels que Salon et The Intercept.
Mais c’est autour du drame fondateur de l’Amérique moderne — l’assassinat de John F. Kennedy le 22 novembre 1963 — que Morley bâtit son œuvre majeure. Loin des dérives complotistes comme de la naïveté institutionnelle, il aborde le dossier avec la rigueur d’un archiviste et la pugnacité d’un reporter de terrain. Rédacteur en chef du site d’investigation JFK Facts et ancien vice-président de la Mary Ferrell Foundation (la plus grande banque de données au monde sur les archives de l’assassinat), il passe au crible chaque document déclassifié, traquant les incohérences et les ombres du renseignement américain.
Auteur d’ouvrages de référence sur la CIA — notamment sur le chef du contre-espionnage James Angleton (The Ghost) ou sur la face cachée du Watergate (Scorpions’ Dance) —, Jefferson Morley est aujourd’hui une voix incontournable du débat public américain. Intervenant clé du documentaire d’Oliver Stone JFK Revisited: Through the Looking Glass (2021), il a été appelé en avril 2025 à témoigner devant le Congrès des États-Unis lors de la première audition historique du Groupe de travail de la Chambre des représentants sur la déclassification des secrets fédéraux. Un accomplissement qui consacre une vie passée à exiger la vérité d’État.





