Depuis le 28 février, une série d’événements militaires et politiques pourrait ouvrir une brèche dans près d’un demi‑siècle d’histoire iranienne. Entre pressions extérieures, risques énergétiques mondiaux et divisions internes, l’avenir du pays dépend plus que jamais de la capacité des Iraniens à s’unir.
Les événements que nous vivons depuis le 28 février ont pour objectif de transformer la situation au Moyen-Orient en modifiant la situation politique en Iran. Si cela se produit, ce sera une page de presque cinquante ans d’histoire qui se tournera, ouverte en 1979. Cela nécessite que les opérations militaires américano-israéliennes portent des coups fatals à l’appareil d’État iranien et à ses forces armées et de sécurité. Il convient également que les Gardiens de la Révolution ne prennent pas le contrôle du détroit d’Ormuz, ou ne le gardent pas plus de quelques petites semaines. Au-delà, un désordre mondial s’installerait sur le marché de l’énergie, gaz et pétrole. Le monde n’est pas prêt à accepter une flambée des prix, le retour de l’inflation et un désordre économique.
À l’évidence, le pouvoir iranien serait très satisfait d’un tel désordre, ouvrant la porte à une demande de très nombreux pays d’arrêter les opérations de renversement du régime.
En dehors de ce scénario, il y a aussi celui où les coups militaires portés permettraient d’aboutir à un nouveau soulèvement du peuple iranien. Tous les analystes et observateurs sont unanimes : une opération militaire seule ne peut aboutir à un tel résultat ; seule une révolte populaire peut hisser le drapeau de l’Iran historique sur les décombres de la République islamique. Mais il y a une condition : l’UNION.
L’Iran est une mosaïque ethnique où se côtoient la majorité perse et de nombreuses minorités : Azéris, Kurdes, Baloutches, Turkmènes. Ensemble, ils représentent un tiers des 92 millions d’habitants du pays. Leur participation au renversement du régime sera particulièrement importante. Les Iraniens doivent s’unir.
Tous les analystes et observateurs sont unanimes : une opération militaire seule ne peut aboutir à un tel résultat ; seule une révolte populaire peut hisser le drapeau de l’Iran historique sur les décombres de la République islamique.
Il en est naturellement de même sur le plan politique. Les débats actuels sur la question de savoir qui pourra conduire le pays après sont totalement à contretemps. Ils brûlent les étapes. Il ne s’agit pas, dans les prochaines semaines, de gouverner : il s’agit de renverser. La difficulté et la durée de ce combat représentent des inconnues majeures. Pour les semaines ou mois à venir, toutes les tendances politiques iraniennes doivent être unies, épaules contre épaules, pour faire tomber le pouvoir religieux.
Nous sommes au jour du débarquement en Normandie, où les Français devaient chasser l’occupant. Résistants de droite et de gauche, FFI et FTP, étaient réunis dans ce combat. Ce n’est qu’après que l’occupant eut été chassé que les étiquettes et les choix politiques reprirent leur place et leur rôle — mais surtout pas avant.
Il est de la plus haute importance que les mouvements iraniens de résistance soient conscients du séquençage des étapes politiques. Développer des querelles de pouvoir maintenant est un absolu non-sens politique. C’est même un contresens. Toute division dans cette union de la résistance iranienne se retourne finalement contre elle. Elle l’affaiblit, et cet affaiblissement fait objectivement le jeu du régime en place. Inacceptable.
Seules les forces qui pourront prendre place dans les rues, s’y imposer et gagner ce combat ultime auront légitimement le droit de revendiquer une place privilégiée dans la conduite du futur Iran.
Les preneurs de micro que nous voyons sur les plateaux de télévision, et ailleurs, tirer « la couverture à eux » se trompent de temps politique. Se tromper de temps politique n’est pas qu’une erreur : c’est une faute. Le peuple iranien, ces jours-ci, ne peut se le permettre. Ces querelles insensées doivent impérativement cesser, maintenant.





