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Handicap et sexualité : les accompagnants sexuels veulent sortir de la clandestinité

L’assistance sexuelle s’adresse à toute personne majeure en situation de dépendance liée au handicap physique, psychique, mental, multi-handicap ou au grand âge.

Revendiquée comme un engagement humaniste existant depuis longtemps chez nos voisins belges ou allemands, le but de l’assistance sexuelle, rémunérée entre 120 et 150 euros pour une heure trente, est de permettre aux personnes lourdement handicapées d’accéder à une vie sexuelle. Des hommes en majorité en font la demande. Sans aide extérieure, ils en sont empêchés par leur incapacité à se déplacer, s’exprimer ou par leurs complexes. L’assistance sexuelle est une des réponses possibles à la privation d’expériences intimes, sensuelles et/ou sexuelles dont souffrent de nombreuses personnes. Elle permet d’accéder au plaisir corporel. Les bénéfices se répercutent sur le plan de la qualité de vie et de l’autonomie de la personne accompagnée.

Des associations pour se former à l’accompagnement sensuel et sexuel

En France, deux associations, l’APPAS et Corps solidaires, proposent des formations de 120 heures de savoirs théoriques (connaissance du handicap, sexologie, aspects juridiques et déontologiques) et pratiques, à travers des jeux de rôles. Les participants, une vingtaine par an, doivent justifier d’une activité professionnelle et de l’accord de leur conjoint.

Une assistance clandestine

Les personnes handicapées faisant aujourd’hui appel aux accompagnants sexuels risquent d’être poursuivi pour proxénétisme et d’être pénalisés comme des clients ayant eu recours à la prostitution. C’est donc clandestinement que des associations s’organisent aujourd’hui en France pour répondre à ce besoin: depuis 2015, l’Appas, qui travaille avec des formateurs suisses et allemands, a reçu plus de 3000 demandes d’accompagnement sexuel, a suivi 600 personnes ayant exprimé ce désir d’intimité et a formé 80 personnes. 90% des demandes émanent d’hommes, et seulement 10% de femmes. «Sophie Cluzel veut lancer des enquêtes chez nos voisins européens pour voir comment ils forment des accompagnants, alors qu’on le fait sous son nez depuis mars 2015», explique au Figaro Marcel Nuss, le fondateur de l’Appas. De son côté, l’APF forme depuis longtemps ses accompagnants à travers l’association suisse «Corps Solidaires» et «CH(s)OSE».

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