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Groenland : la France et l’Europe face au défi posé par Washington

Les déclarations du président américain sur le Groenland, survenues dans un contexte international déjà lourd après l’intervention américaine au Venezuela et l’enlèvement de Nicolás Maduro, ont agi comme un révélateur. À Paris, elles ont suscité une réaction rare : majorité et oppositions, d’ordinaire si promptes à s’opposer, se retrouvent cette fois sur une même ligne. Toutes appellent à une parole française et européenne plus ferme, plus lisible, plus assumée.

Dans une déclaration commune, les dirigeants européens ont rappelé un principe fondamental, presque élémentaire dans l’ordre international : « Il revient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland. » Une mise au point nécessaire face aux revendications américaines, qui ont surpris par leur brutalité autant que par leur soudaineté.

Une opposition qui juge l’Europe trop silencieuse

Pour Stéphane Peu, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, cette réaction européenne demeure insuffisante. Le député réclame l’organisation d’un débat parlementaire en vertu de l’article 50‑1 de la Constitution, estimant que la situation dépasse le simple incident diplomatique.

Selon lui, « l’Union européenne, par son silence coupable, prépare une capitulation ». Il appelle Bruxelles à « dire non à ce nouvel acte de guerre impérialiste » et exhorte la France, membre permanent du Conseil de sécurité, à assumer pleinement son rôle de garante du droit international.

À droite comme au centre, un appel à la cohésion européenne

Le député RN Gaëtan Dussausaye, loin de minimiser la portée des propos américains, voit dans cette crise un test pour l’Europe : « Que les chefs d’État européens se réunissent pour déterminer ce qu’ils peuvent faire de manière multilatérale. »

Même tonalité chez Pieyre‑Alexandre Anglade, député Ensemble pour la République, qui insiste sur la nécessité d’une présence européenne visible, presque incarnée : « Toute l’Europe doit se tenir aux côtés du Danemark, non seulement par des communiqués, mais en apportant physiquement notre soutien. »

Dans cette convergence inattendue, une idée domine : l’Europe ne peut plus se contenter d’être un acteur normatif ; elle doit redevenir une puissance politique.

Un précédent qui résonne aujourd’hui

En janvier 2025, le ministre français des Affaires étrangères avait déclaré que la France était « prête à réfléchir » à l’envoi de troupes au Groenland si « nos intérêts de sécurité étaient en jeu ». À l’époque, ces propos avaient été accueillis avec prudence. Ils prennent aujourd’hui une dimension nouvelle, presque prémonitoire.

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