Mais des institutions officielles, une Charte de la Francophonie qui les rassemble, des valeurs qui lui sont dévolues ne suffisent pas à faire vivre pleinement cet espace. Certains travaillent la Francophonie économique, la francophonie pour la paix, la francophonie par l’enseignement, par les universités, par un travail parlementaire, sans réelle coordination.
Mais la modernité d’une idée, si elle trouve son essence auprès des pères fondateurs, ho combien inspirante et visionnaire, le sénégalais Léopold Sédar Senghor, le tunisien Habib Bourguiba, le nigérien Hamani Diori, le prince du Cambodge Norodom Sihanouk, doit épouser un quotidien afin de faire vibrer la jeunesse et proposer un développement économique aux pays.
Les jeunes de ces 90 pays rêvent-ils de Francophonie ? Nos entreprises profitent-elles pleinement de l’espace Francophone ? Les Institutions apportent-elles un souffle nouveau ?
S’il y a bien un sujet qui fait rêver, qui passionne grands et petits, qui apporte de l’émotion, qui permet un développement économique, c’est le Sport !
Alors pourquoi le Sport, ne serait-il pas un nouveau vecteur sérieux d’échanges de compétences, d’expertises, d’éducation, d’insertion et de développement ?
Hé bien voilà, le sport n’est pas pris au sérieux par les milieux bien-pensants économiques ou diplomatiques, au mieux un outil de loisirs !
Aujourd’hui en France ce secteur représente 400 000 actifs salariés, 2,7% du PIB. En Afrique les perspectives sont énormes, car le sport représente 0,5% du PIB. Tous les pays africains souhaitent organiser ou organisent des grands événements sportifs par exemple : les Jeux de la francophonie en République Démocratique du Congo, la coupe d’Afrique des Nations en Côte d’Ivoire, au Maroc, la coupe du monde de football toujours au Maroc, les Jeux Olympiques de la Jeunesse à Dakar, le championnat mondial du cyclisme au Rwanda….
Le sport c’est également une opportunité d’insertion professionnelle pour les jeunes sans formation, une force d’émancipation pour les femmes, une possibilité d’inclusion pour les personnes en situation de handicap, un défi de développement durable, de développement hôtelier, de transport à l’occasion de l’organisation d’événements… C’est aussi, et bien des chefs d’Etats l’ont compris, un outil diplomatique, donnant une visibilité positive internationale à un Pays, quand un grand évènement sportif y a été organisé.
La Francophonie sportive est donc une forme de « puissance douce », représentant aujourd’hui un levier stratégique. Grâce à son pouvoir fédérateur auprès des publics, le sport est en effet une activité de séduction massive, un outil de rayonnement concret et de terrain, capable de tisser ou retisser du lien social, de favoriser la coopération internationale et de générer de la croissance au sein d’un espace géopolitique partagé.
Le sport est aujourd’hui un nouvel axe diplomatique et économique important, une industrie en fort développement.
Dans un monde où les équilibres géopolitiques sont en constante évolution, la francophonie sportive, présente sur les cinq continents, se dresse comme un vecteur essentiel de notre identité et de notre rayonnement. Ce sujet, est d’une importance capitale pour la France. Il transcende les frontières et réunit des millions d’âmes partageant une même passion : le sport.
L’Afrique, principal réservoir de la Francophonie avec son dynamisme et son potentiel inégalé, est au cœur de cette dynamique. Les échanges sportifs entre la France et le continent africain ne sont pas seulement des événements, ils sont des ponts qui renforcent nos liens culturels, économiques et sociaux. Chaque match, chaque compétition, chaque rencontre économico-sportive, est l’occasion de tisser des relations solides et durables, d’encourager la coopération et de promouvoir des valeurs communes de respect, d’intégrité et d’engagement.
Cet espace francophone rassemble 396 millions de locuteurs, environ 650 millions en 2050 !
En conduisant ce projet de francophonie sportive, nous ne faisons pas que promouvoir le sport, nous affirmons notre place sur la scène internationale, avec un rayonnement structuré et opérationnel. Nous montrons que la France, à travers sa langue et sa culture, est un acteur incontournable dans la construction de relations enrichissantes et mutuellement bénéfiques.
Alors ne considérons pas ce secteur avec condescendance, tout au contraire ! Choisissons la francophonie sportive comme facteur de développement, dans un monde du sport à l’international sous grande dominance anglo-saxonne (qui en ont bien compris, eux, les enjeux). Nous constatons également dans ce domaine un activisme important de multiples forces géostratégiques comme la Russie, la Chine, le Japon, la Corée, les Pays du Golfe, etc…
Engageons-nous sur cette stratégie, pour inspirer les générations futures et faire briller notre héritage commun sur le devant de la scène mondiale. C’est le moment d’agir, avec force, passion, efficacité et conviction, pour faire de la francophonie sportive un levier de notre rayonnement.





