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Inflation et marges : enseignements de l’enquête DMP

Graphiques illustrant l’évolution des prix propres, de l’inflation IPC, des salaires et des marges selon l’enquête DMP de juin 2026.

L’enquête DMP de juin 2026, menée du 5 au 19 juin auprès de 2 083 entreprises, offre une photographie précise des anticipations de prix, de salaires et de marges dans un contexte économique encore marqué par les tensions énergétiques. Les résultats montrent une stabilisation des prix propres, une inflation attendue légèrement orientée à la hausse, et des marges toujours fragilisées.

Au cours des trois mois précédant juin, les entreprises ont déclaré une croissance annuelle de leurs prix propres de 3,8 %, un niveau inchangé par rapport à la période précédente. Cette stabilité est notable : elle concerne l’ensemble de l’économie, et non uniquement les secteurs exposés aux consommateurs. À un an, les anticipations d’inflation des prix propres progressent légèrement à 4,1 %, soit 0,1 point de plus qu’en mai, tandis que le taux mensuel reste stable à 4,0 %. Les entreprises s’attendent donc à une hausse modérée de l’inflation des prix à la production, de l’ordre de 0,3 point sur l’année à venir.

Les anticipations d’inflation IPC à un an demeurent stables à 3,7 % en moyenne trimestrielle. En données mensuelles, elles reculent légèrement, passant de 3,7 % à 3,3 %, signe d’une détente progressive des pressions inflationnistes. À trois ans, les anticipations remontent à 2,9 %, traduisant une normalisation graduelle de l’inflation, mais encore au-dessus des niveaux pré‑pandémiques.

Sur le front des salaires, les entreprises signalent une croissance annuelle de 4,1 %, en léger recul de 0,1 point par rapport à mai. Les anticipations à un an, en revanche, progressent à 3,5 %. Ce décalage indique que les entreprises anticipent une baisse de la croissance salariale de 0,6 point sur les douze prochains mois, dans un contexte où elles cherchent à contenir leurs coûts face à des marges fragilisées.

Depuis avril, l’enquête interroge également les entreprises sur l’impact du choc énergétique. En juin, la hausse des prix et la baisse des marges restent les ajustements les plus fréquents, même si l’effet sur les prix s’atténue : 56 % des entreprises prévoient une hausse des prix, soit 8 points de moins qu’en avril, tandis que 7 % anticipent une baisse. En parallèle, 66 % des entreprises s’attendent à une diminution de leurs marges, un niveau stable depuis plusieurs mois. L’impact sur les salaires demeure limité : 23 % des entreprises prévoient une hausse, 19 % une baisse.

Ces résultats dessinent un paysage économique où les entreprises absorbent une partie du choc énergétique via leurs marges plutôt que par des hausses de prix ou des ajustements salariaux. La stabilisation des anticipations d’inflation, combinée à une pression persistante sur la rentabilité, confirme une économie en transition : moins inflationniste, mais toujours confrontée à des coûts de production élevés.

Pour les autorités monétaires, ces signaux sont essentiels. Ils montrent que la normalisation de l’inflation se poursuit, mais que la résilience des entreprises dépend encore fortement de leur capacité à gérer les risques liés aux coûts énergétiques et aux tensions sur les prix. Dans ce contexte, les données DMP deviennent un outil clé pour suivre l’évolution des anticipations et éclairer les décisions de politique économique.

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