Il est un peu plus de 9 heures, ce dimanche matin, lorsque les premiers fidèles franchissent les portes d’un ancien local commercial situé au pied d’une barre d’immeubles. Nous sommes en banlieue parisienne, dans l’une de ces communes où les rez-de-chaussée se transforment parfois en lieux de culte improvisés. Ici, l’enseigne a été retirée depuis longtemps, mais une simple pancarte indique : “Église de Réveil – Centre de Prière et de Louange”.
À l’intérieur, la salle est modeste mais chaleureuse. Une trentaine de chaises en plastique, un pupitre, quelques instruments de musique, et surtout une atmosphère vibrante, presque électrique. Les fidèles arrivent par petits groupes, saluent le pasteur, échangent des nouvelles, déposent leurs manteaux. Beaucoup viennent de loin : Saint-Denis, Évry, Montreuil, parfois même de Paris intra-muros.
Un culte vivant, rythmé, profondément communautaire
À 10 heures précises, les premières notes de clavier retentissent. Le culte commence. Les chants montent, puissants, portés par une chorale improvisée mais enthousiaste. Les voix se mêlent, les mains se lèvent, les corps se balancent. L’ambiance contraste avec la sobriété du lieu : ici, la foi s’exprime sans retenue.
Le pasteur, un homme d’une cinquantaine d’années, costume sombre et sourire bienveillant, prend la parole. Son sermon, ponctué d’exemples du quotidien, parle de résilience, de famille, de travail, de dignité. Beaucoup de fidèles acquiescent, certains prennent des notes. Pour beaucoup, cette église est un refuge, un espace où l’on se sent vu, entendu, soutenu.
Une communauté multiculturelle
Dans cette église de réveil, les origines se croisent : Afrique centrale, Antilles, Océan Indien, mais aussi quelques fidèles français de naissance. Les accents se mélangent, les histoires aussi. « Ici, on trouve une famille », confie Mireille, aide-soignante à Aubervilliers. « La semaine est dure, mais le dimanche, on recharge les batteries. »
Pour certains, l’église joue un rôle social essentiel : aide administrative, soutien moral, entraide entre familles, recherche d’emploi. Une forme de solidarité informelle, précieuse dans des territoires où les services publics sont parfois débordés.







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