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USA-Venezuela : Le hold-up pétrolier de Trump

USA-Venezuela : Le hold-up pétrolier de Trump

Neuf mois après l’opération commando nocturne des forces spéciales américaines qui a capturé Nicolás Maduro, la Maison-Blanche vient de signer ce que Donald Trump qualifie déjà de « plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale ». En s’octroyant le contrôle de plus de 65 milliards de barils de brut — soit un cinquième des réserves du Venezuela —, Washington vient de réinventer la diplomatie de la canonnière à l’ère des marchés à terme. Mais derrière le triomphalisme comptable, cette opération révèle un cynisme absolu où la souveraineté d’un peuple a été sacrifiée sur l’autel de la pompe à essence américaine.

Pendant des années, la rhétorique occidentale a juré ses grands dieux que les sanctions contre Caracas visaient à restaurer la démocratie et les droits de l’homme. Quelle hypocrisie. En négociant en secret avec la présidente par intérim Delcy Rodríguez — pure créature de l’appareil chaviste —, l’administration américaine a préféré la continuité d’un système corrompu mais docile à une réelle transition démocratique. L’équation est terrible : collaborez avec nos pétroliers, modifiez vos lois sur les hydrocarbures pour nous accorder un bail de 100 ans, et nous fermerons les yeux sur le reste.

Ce pacte transpire le néocolonialisme le plus décomplexé. Comment qualifier autrement une coentreprise où les États-Unis captent 55 % de la production effective via des intermédiaires basés dans des paradis fiscaux, tout en confiant les clés des gisements à des majors américaines ? La souveraineté vénézuélienne, si fièrement défendue par la propagande de Caracas, n’est plus qu’une fiction juridique. Les ressources du sous-sol national ne serviront pas à rebâtir un pays exsangue, mais à renflouer les réserves stratégiques américaines au plus bas et à court-circuiter l’influence de la Chine et de la Russie dans la région.

les États-Unis captent 55 %
les États-Unis captent 55 %

Pourtant, ce coup de force pourrait bien n’être qu’une immense illusion macroéconomique. Trump promet une baisse immédiate du prix du carburant pour les ménages américains. C’est oublier que le pétrole vénézuélien est lourd, visqueux, difficile à raffiner, et enfoui sous des infrastructures totalement en ruines après des décennies d’incompétence et d’embargo. Les experts sont unanimes : il faudra des années et entre 100 et 200 milliards de dollars d’investissements pour que ce brut coule à flot.

En sacralisant une diplomatie purement transactionnelle, Washington envoie un signal désastreux au reste du monde : le droit international s’efface dès lors que les gains en hydrocarbures sont assez élevés. L’Amérique s’offre peut-être une hégémonie énergétique temporaire, mais elle y laisse son âme et sa crédibilité morale. Le pillage légal a désormais un nouveau visage, et il s’écrit en barils de pétrole vénézuélien.

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