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Biens mal acquis : le pari risqué d’Oligui Nguema face à Sassou-Nguesso

Biens mal acquis : le pari risqué d’Oligui Nguema face à Sassou-Nguesso

La diplomatie d’Afrique centrale vient d’offrir un nouvel épisode de sa tragicomédie habituelle. Le 26 septembre dernier, une délégation envoyée par le président de la transition gabonaise, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est rendue à Brazzaville. Sa mission ? Tenter de désamorcer les vives tensions nées du soutien affirmé de Libreville au renvoi d’Antoinette Sassou-Nguesso, épouse du chef de l’État congolais, devant le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire dite des « biens mal acquis ».

Cette démarche relève d’une hypocrisie politique saisissante. Comment le pouvoir gabonais a-t-il pu imaginer un seul instant qu’une simple médiation amicale ferait avaler à Denis Sassou-Nguesso une telle pilule ? En apportant son concours à la justice française contre le clan présidentiel congolais, Libreville a franchi une ligne rouge symbolique. Aller ensuite plaider la bonne foi à Brazzaville ne relève pas de la diplomatie, mais de l’amateurisme ou de la provocation calculée.

Au-delà du volet judiciaire parisien, cette crise traduit une réalité plus profonde : la lutte d’influence acharnée pour le contrôle des réseaux politiques régionaux, et notamment du Parti démocratique gabonais (PDG). En cherchant à se défaire de l’ombre tutélaire du doyen de Brazzaville — historiquement influent au sein de l’ancien appareil Bongo —, Oligui Nguema tente d’affirmer la souveraineté de son régime de transition. Mais la méthode manque singulièrement de cohérence. On ne peut pas, d’un côté, nourrir les dossiers d’instruction de la justice anticorruption occidentale et, de l’autre, exiger le maintien de relations de bon voisinage harmonieuses avec un régime directement ciblé par ces procédures.

Cette « diplomatie des émissaires » illustre les failles d’une transition gabonaise encore en quête d’un cap géopolitique clair. Face à un Denis Sassou-Nguesso rompu aux frictions régionales, la tentative d’apaisement d’Oligui Nguema risque fort de se retourner contre lui, révélant les fragilités d’un pouvoir qui hésite encore entre rupture véritable et compromis d’appareil.

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