Au Japon, la consommation de plats cuisinés connaît une croissance continue. Entre 2005 et 2025, le marché a été multiplié par 1,5. Cette évolution s’explique avant tout par la hausse du nombre de ménages bi‑actifs, où les deux conjoints travaillent. Avec moins de temps à consacrer à la cuisine, les Japonais privilégient des solutions pratiques, rapides et accessibles. Cette transformation du quotidien révèle une mutation profonde des modes de vie.
Les supermarchés et les supérettes, moteurs d’un marché en plein essor
Selon l’Association japonaise des plats cuisinés, le secteur pesait 11 707,5 milliards de yens en 2025 (63,2 milliards d’euros), soit une hausse de 3,7 % en un an. Dans un contexte d’inflation alimentaire — notamment sur le riz — les prix augmentent, mais la demande reste forte.
Sur vingt ans, de 2006 à 2026, le marché a doublé. Il s’élevait à 7 812,9 milliards de yens en 2006. Malgré deux ralentissements — en 2009 avec la crise Lehman Brothers, puis en 2020 avec la pandémie — la tendance reste résolument à la hausse. Même si la consommation globale des ménages stagne en raison du déclin démographique et du vieillissement de la population, les plats cuisinés gagnent du terrain. Ils deviennent une alternative stable à la cuisine maison.
Les ménages bi‑actifs, cœur du changement
L’augmentation du nombre de ménages bi‑actifs est le principal moteur de cette croissance. Les journées de travail longues, les temps de transport importants et la pression professionnelle laissent peu de place à la préparation des repas.
« Les Japonais n’ont plus le temps ni la possibilité de cuisiner à la maison. Le midi, ils privilégient les plats tout prêts (chûshoku) », explique un responsable de l’association. Les jeunes actifs cherchent à optimiser leur temps. Les seniors, eux, veulent éviter le gaspillage : « Quand on achète des ingrédients et qu’on cuisine, il y a toujours des restes. Les plats préparés nous permettent de moins consommer. »
Supermarchés et konbini : une domination à 60 % du marché
Les supermarchés et les supérettes (konbini) représentent à eux deux 60 % du marché. Il y a vingt ans, ils en couvraient déjà la moitié. Leur influence n’a cessé de croître.






