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Au Groenland, une nouvelle ère pour le graphite : Piiaaffik Amitsoq obtient sa licence d’exploitation

Un pas décisif a été franchi pour l’industrie minière du Groenland. Naaja H. Nathanielsen, ministre des Entreprises, des Ressources minérales, de l’Énergie, de la Justice et de l’Égalité des sexes, et Stefan Bernstein, PDG de Greenland Graphite A/S, ont signé une licence d’exploitation de 30 ans pour le graphite du site désormais baptisé Piiaaffik Amitsoq. Une étape stratégique, alors que le graphite, indispensable à la fabrication des batteries et donc à la transition énergétique, devient l’une des matières premières les plus convoitées au monde.

Un permis stratégique pour une ressource critique

Cette licence accorde à Greenland Graphite A/S un droit exclusif d’exploitation sur l’un des gisements de graphite les plus prometteurs d’Europe du Nord. Dans un contexte où l’Union européenne cherche à sécuriser ses approvisionnements en matières premières critiques, le Groenland entend se positionner comme un acteur fiable et attractif.

« Cette licence est la troisième accordée cette année, preuve que notre loi minière révisée fonctionne », souligne Naaja H. Nathanielsen. « Nous avons raccourci les délais administratifs sans renoncer à nos exigences environnementales et sociales. Le Groenland veut attirer des investissements responsables, tout en protégeant ses populations et son environnement. »

Un territoire fragile, au cœur des préoccupations

Peter Borg, ministre de l’Environnement, rappelle que le sud du Groenland, autour de Nanortalik, est un écosystème d’une grande sensibilité. « L’octroi d’un permis n’est que la première étape. Les projets miniers doivent respecter la nature et les habitants. La future consultation publique sur l’évaluation d’impact environnemental sera essentielle. J’encourage les citoyens à participer activement. »

Le gouvernement groenlandais, Naalakkersuisut, insiste sur la transparence du processus et sur l’importance de l’adhésion locale.

Greenland Graphite : relancer une mine centenaire

Pour Stefan Bernstein, PDG de Greenland Graphite A/S, cette signature marque un tournant. « Relancer la mine de graphite d’Amitsoq, un siècle après sa fermeture, est un moment historique. Le graphite est crucial pour la transition énergétique, et l’Europe manque d’un accès sûr à cette ressource. Nous voulons que ce projet bénéficie au Groenland et aux communautés du sud. »

Le dirigeant salue également la rapidité du processus administratif, rare dans le secteur minier : « Dans un monde où l’approbation d’un projet peut prendre des décennies, le Groenland fait figure d’exception. Et cela sans sacrifier les normes environnementales et sociales. »

Un projet encadré par un processus strict

Plusieurs étapes restent à franchir avant le début de l’exploitation minière :

1. Évaluations d’impact environnemental (EIE) et social (EIS)

Greenland Graphite doit soumettre ses documents à une consultation publique de 35 jours. Ces éléments serviront à élaborer les rapports finaux, soumis ensuite à une consultation de 8 semaines, avec réunions publiques dans les localités concernées.

2. Approbation par Naalakkersuisut

Les rapports EIE et EIS devront être validés par le gouvernement.

3. Plan d’exploitation et de fermeture

L’entreprise a jusqu’au 31 décembre 2028 pour présenter son plan complet.

4. Début des opérations minières

L’exploitation devra commencer avant le 31 décembre 2030, sauf dérogation.

5. Convention d’impact et de bénéfices (CIB)

Avant toute extraction, une CIB devra être conclue entre Greenland Graphite A/S, la commune de Kujalleq et Naalakkersuisut.

Un site rebaptisé : Piiaaffik Amitsoq

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