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Les Turkestanais orientaux commémorent le massacre de Ghulja et appellent les États‑Unis à agir contre le génocide en Chine

Les Turkestanais orientaux, menés par l’ETNAM (East Turkistan National Awakening Movement) et l’ETGE (East Turkistan Government in Exile), ont marqué le 24ᵉ anniversaire du massacre de Ghulja lors d’un rassemblement devant le département d’État américain. La diaspora ouïghoure, kazakhe et turcophone installée à Washington a exhorté les États‑Unis à intensifier leur action contre ce qu’elle qualifie de génocide perpétré par la Chine au Turkestan oriental.

Un hommage aux victimes du massacre de Ghulja

Le 5 février 1997, des milliers d’Ouïghours, de Kazakhs et d’autres peuples turcophones du Turkestan oriental avaient manifesté pacifiquement à Ghulja pour réclamer la liberté et la fin de la répression chinoise. La réponse des forces de sécurité avait été d’une extrême brutalité : des centaines de morts et des milliers d’arrestations, selon les organisations exilées.

« Nous honorons la mémoire de celles et ceux qui ont résisté pacifiquement à des décennies d’occupation et de colonisation chinoise », a déclaré Salih Hudayar, fondateur de l’ETNAM et Premier ministre du gouvernement du Turkestan oriental en exil. Selon lui, la « révolution de Ghulja » demeure un moment fondateur de la lutte pour l’indépendance.

Washington réaffirmé comme acteur clé du dossier ouïghour

En janvier 2021, les États‑Unis ont officiellement qualifié de génocide les crimes commis par la Chine contre les Ouïghours et les peuples turcophones. Une position confirmée par l’administration Biden et par le secrétaire d’État Anthony Blinken.

Plus récemment, le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan a rappelé que Washington devait être prêt à « faire payer à la Chine » ses actions au Turkestan oriental, sa répression à Hong Kong et ses pressions sur Taïwan.

Lors du rassemblement, Salih Hudayar a remercié les États‑Unis pour leur soutien, tout en appelant à des mesures plus fermes : « Nous demandons au président Joe Biden et au secrétaire d’État Anthony Blinken d’agir rapidement pour mettre fin au génocide au Turkestan oriental, un génocide comparable à l’Holocauste du XXIᵉ siècle. »

Nouveaux témoignages accablants sur les camps de concentration

Un rapport de BBC News, publié cette semaine, décrit des violences sexuelles systématiques, des tortures et des violations massives des droits humains dans les camps de concentration chinois du Turkestan oriental. Ces révélations renforcent les accusations de génocide formulées par les organisations ouïghoures.

« Les massacres comme celui de Ghulja se poursuivent sous d’autres formes. Nos hommes sont tués pour leurs organes, nos femmes violées et stérilisées, nos enfants assimilés de force », a dénoncé Hudayar.

Les demandes adressées à Washington

Dans une lettre envoyée à Anthony Blinken, le gouvernement du Turkestan oriental en exil et l’ETNAM formulent plusieurs demandes :

  • Inscrire la question du génocide ouïghour à l’ordre du jour du Conseil de sécurité de l’ONU et rappeler les obligations de la Convention sur le génocide.
  • Soutenir les plaintes déposées contre la Chine devant la Cour pénale internationale et la Cour internationale de Justice.
  • Boycotter les Jeux olympiques de Pékin 2022, accusant la Chine d’organiser un événement mondial tout en perpétrant un génocide.
  • Accélérer l’octroi de l’asile aux Ouïghours et aux peuples turcophones ayant fui la répression.
  • Poursuivre les diplomates chinois aux États‑Unis pour génocide, en vertu de l’article 1091 du code américain.
  • Reconnaître le Turkestan oriental comme un pays occupé et soutenir son droit à l’autodétermination.

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