L’environnement macroéconomique reste marqué par une visibilité réduite. Aux États-Unis, les derniers indicateurs de l’emploi signalent un ralentissement de la croissance. Les tarifs douaniers, même renégociés, entretiennent des tensions inflationnistes, tandis que le shutdown retarde la publication des données clés. Dans ce contexte, l’administration américaine devrait annoncer des mesures de soutien à la consommation, à l’approche des élections de mi-mandat.
En Europe, la résilience domine malgré l’attente du plan d’investissement allemand, prévu pour la deuxième moitié de 2026. En Chine, le ralentissement se poursuit, et les risques géopolitiques demeurent élevés en Europe, au Moyen-Orient et en Asie.
Inflation et politiques monétaires : des trajectoires divergentes
Les pressions inflationnistes varient selon les régions. Aux États-Unis, elles restent fortes, tandis que l’Europe et les marchés émergents connaissent une inflation plus modérée. Le protectionnisme commercial demeure un risque majeur pour les perspectives à long terme.
La BCE a déjà accompli l’essentiel de son cycle de baisse des taux, mais la modération de l’inflation pourrait ouvrir la voie à de nouvelles baisses. Outre-Atlantique, la Fed pourrait prolonger son cycle de détente monétaire, offrant un soutien à la croissance américaine.
Marchés de taux : prudence en Europe
Le marché européen des taux reste hésitant, dans l’attente des effets de la relance budgétaire allemande. Selon Matthieu de Clermont, Directeur des Investissements Assurance & Stratégies Réglementaires, « le contexte plaide pour rester investi en Italie et en Espagne, tandis que la France demeure dans une posture incertaine ».
Les banques centrales continuent d’ancrer la partie courte de la courbe des taux, tandis que la partie longue reste soumise aux craintes liées aux déficits budgétaires. À court terme, davantage de potentiel de baisse est attendu aux États-Unis et au Royaume-Uni qu’en zone euro.
Crédit : retour aux fondamentaux
Après trois années de rallye, le marché du crédit montre des signes d’essoufflement, notamment sur le segment High Yield. Les investisseurs privilégient désormais les fondamentaux de qualité plutôt que le seul rendement. Le secteur bancaire affiche de solides résultats, tandis que l’automobile et la chimie restent plus fragiles.
Vincent Marioni, Global CIO Credit, souligne : « La recherche de rendement devrait continuer à soutenir la classe d’actifs. L’agilité dans le positionnement des risques sera décisive pour la performance au premier semestre 2026. »
Actions : prudence face à l’ombre d’une bulle
La saison des résultats du troisième trimestre confirme une croissance bénéficiaire stable en Europe et une hausse de 6 à 8 % aux États-Unis. L’Intelligence Artificielle reste le principal moteur des profits américains, mais l’ombre d’une bulle plane sur les perspectives. En Europe, le secteur financier a porté les résultats, avec une résilience des marges malgré l’inflation et les tensions commerciales.
Isabelle de Gavoty, Directrice Actions Conviction/ISR Europe, anticipe une légère accélération de la croissance en 2026 : « Deux éléments seront déterminants : le maintien des conditions favorables des banques centrales et la capacité des entreprises à préserver leurs marges dans un contexte d’euro fort. »




