Les marchés au plus haut : un optimisme qui interroge
Dix ans après la crise financière de 2008, les marchés financiers affichent une santé éclatante et les investisseurs semblent chanter en chœur que « tout va très bien, madame la marquise ». Le Dow Jones dépasse largement ses niveaux d’avant-crise et enchaîne les records en cette fin 2018, nourrissant un optimisme presque irréel. Dans ce climat d’euphorie boursière, l’or, pourtant valeur refuge historique, est totalement délaissé. Pourquoi se protéger quand le soleil brille sur les marchés ?
Des valorisations excessives et une dépendance aux géants technologiques
Cet enthousiasme généralisé étonne pourtant les observateurs avertis. Plusieurs signaux faibles, mais bien réels, rappellent que le système financier reste fragile. L’Autorité des marchés a d’ailleurs identifié comme risque majeur une correction brutale des actifs financiers, en particulier aux États-Unis, où les valorisations atteignent des sommets. La Bourse américaine dépend désormais largement des géants technologiques, qui représentent plus de 25 % de la capitalisation du Dow Jones. Un faux pas de Facebook, Google, Apple ou Tesla pourrait suffire à entraîner une onde de choc sur l’ensemble des marchés.
Une économie américaine solide… mais vulnérable
L’économie américaine, présentée comme florissante, repose sur une croissance soutenue et un chômage historiquement bas. Mais le retour de l’inflation et la hausse progressive des taux pourraient rapidement enrayer cette mécanique. Les économistes s’interrogent : combien de temps cette dynamique peut-elle tenir avant de se heurter à un resserrement monétaire plus sévère ?
Après les subprimes, une nouvelle bombe à retardement : la dette étudiante
Dix ans après les subprimes, on pouvait espérer que les leçons aient été tirées. Si les banques ont renforcé leurs fonds propres, le shadow banking s’est développé dans l’ombre. Une nouvelle bombe à retardement inquiète désormais : la dette étudiante, qui atteint 1 500 milliards de dollars, en hausse de 500 milliards en cinq ans. Si l’emploi se retourne, les défauts pourraient exploser et fragiliser l’économie américaine.






