Roland Lescure, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, et David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, ont présidé les premières rencontres annuelles des achats de l’Etat ce 15 décembre 2025 à Bercy. Inédites par leur format, dans un contexte de contraintes budgétaires accrues et de recomposition des chaînes de valeur, ces rencontres traduisent la volonté du Gouvernement de faire des achats publics un levier stratégique de performance, de simplification et de souveraineté.
Ces rencontres ont réuni les représentants des secrétariats généraux des ministères et des préfectures de région, au titre de leur fonction de pilotage des achats, des dirigeants des plus importants établissements publics de l’Etat par leur volume d’achat. Y participaient également les principales centrales d’achats publics, ainsi que les administrations centrales concernées, notamment la Direction des Achats de l’Etat (DAE) et la Direction des Affaires Juridiques (DAJ) des ministères économiques et financiers.
Les Ministres ont fixé cinq orientations structurantes pour les achats de l’Etat et de ses établissements publics :
1/ Simplifier les procédures, pour les acheteurs publics et les entreprises fournisseurs
Les acheteurs bénéficieront de mesures de simplification prises par voie réglementaire, dont les relèvements des seuils d’achat sans mise en concurrence, récemment annoncés par le Premier ministre. Par ailleurs, un nouvel outil numérique, Passe Marché, sera progressivement déployé à partir du début de l’année 2026 afin de simplifier le dépôt des candidatures des entreprises sur les plateformes d’achats publics, selon le principe du « Dites-le nous une fois ».
2/ Ancrer la politique d’achats responsables
Le premier schéma de promotion des achats publics socialement et écologiquement responsables (SPASER) de l’Etat, publié le 10 décembre dernier, fixe des objectifs ambitieux :
- Réduction de 22% des émissions de gaz à effet de serre liés aux achats de l’Etat d’ici 2027 ;
- Doublement des dépenses de l’Etat en faveur de l’économie sociale et solidaire ;
- Hausse de 10 % des heures d’insertion prévues dans les clauses sociales d’insertion des marchés de l’Etat au bénéfice des publics éloignés de l’emploi.
Le SPASER est assorti d’indicateurs de suivi mesurables et pilotables, qui pourront être régulièrement publiés, pour l’Etat dans son ensemble comme pour ses principaux opérateurs. En complément, la direction des achats de l’Etat mènera en 2026 une vaste enquête de satisfaction auprès des entreprises fournisseurs de l’Etat dans l’optique d’améliorer les relations fournisseurs.
3/ Rendre l’activité de l’Union des groupements d’achats publics (UGAP) et sa performance plus transparentes
Au 1er trimestre 2026, l’UGAP, placée sous la tutelle de l’Etat, mettra en place un mécanisme de révision de ses prix au profit de tous les acheteurs publics recourant à son offre si ses prix sont signalés comme mal positionnés. L’UGAP rendra également public, début 2026, les résultats des enquêtes de satisfaction qu’elle mène auprès de ses clients acheteurs publics, enquêtes qu’elle systématisera.
4/ Renforcer notre souveraineté
Les leviers disponibles dans le cadre juridique actuel devront être systématiquement mobilisés afin d’orienter les achats de l’État vers les entreprises françaises et européennes, en particulier dans les secteurs stratégiques et numériques.
À ce titre, la doctrine de l’État sur les achats numériques sera explicitée et enrichie dans les toutes prochaines semaines afin d’assurer le plein respect des exigences de cybersécurité (notamment en matière de protection des données sensibles) et de souveraineté. Elle réaffirmera que l’achat de solutions numériques auprès de l’écosystème privé constitue un levier du développement économique et contribue au renforcement de la souveraineté nationale et européenne. La progression des achats vers les PME innovantes et les startups continuera à être encouragée.
Par ailleurs, la France travaille à une révision ambitieuse des directives européennes sur la commande publique afin d’introduire une véritable préférence européenne.
5/ Mieux piloter la politique de la commande publique
En particulier, la gouvernance nationale de la politique des achats publics sera unifiée grâce un élargissement des missions de l’actuel Observatoire économique de la commande publique (OECP), qui deviendra un véritable Conseil national de la commande publique, garant d’un pilotage stratégique, partagé et transparent de la politique des achats de l’État avec tous les acteurs pertinents, notamment les collectivités locales.
« Nous sommes confrontés à un nouveau contexte qui fait de la commande publique un enjeu de souveraineté ; ces enjeux doivent être pleinement intégrés dans nos procédures d’achat, sans perdre de vue les objectifs de performance économique et environnementale. » Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique
« Je crois au rôle de la commande publique comme facteur de soutien à notre tissu économique : bien orientée, elle est un outil de transformation, un accélérateur d’innovation, et contribue à notre souveraineté technologique et numérique. Ces rencontres annuelles des achats de l’Etat marquent le point de départ d’une refonte de notre politique d’achats publics pour la rendre plus efficace, mieux adaptée aux enjeux du moment, et résolument orientée vers la préférence européenne. » Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique
« On a souvent tort de dire que l’intendance suivra : les achats publics sont une véritable politique, qui mérite de la transparence et un pilotage fort, Car nous voulons à la fois garantir le juste prix et une meilleure qualité de service aux acheteurs publics, simplifier les procédures pour les agents et les entreprises, maitriser les dépenses, promouvoir la transition écologique et muscler notre souveraineté. Ces rencontres annuelles des achats de l’Etat inaugurent une dynamique collective destinée à améliorer la commande publique. » David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat






