Vanguard a dévoilé aujourd’hui ses perspectives économiques annuelles, un rendez‑vous très attendu par les investisseurs institutionnels comme particuliers. Le rapport 2026, au titre évocateur — « L’essor de l’IA : perspectives économiques positives, perspectives boursières négatives » — propose une lecture nuancée d’un monde où l’intelligence artificielle stimule la croissance… mais pourrait décevoir les marchés actions.
L’équipe internationale d’économistes de Vanguard y analyse l’impact de l’IA sur la productivité, le marché du travail, la croissance mondiale et les rendements attendus des principales classes d’actifs. Une feuille de route stratégique qui tranche avec l’euphorie ambiante.
Une économie résiliente malgré les vents contraires
L’année 2025 aura été marquée par des obstacles majeurs :
- hausse des droits de douane,
- stagnation de l’offre de main‑d’œuvre,
- ralentissement de la croissance mondiale.
Pourtant, les économies développées ont mieux résisté que prévu. Aux États‑Unis, les bénéfices des entreprises sont restés solides, portés par les investissements massifs dans l’IA et les technologies de productivité.
« Nous estimons à 60 % la probabilité que l’économie américaine atteigne une croissance réelle de 3 % dans les années à venir », explique Joe Davis, économiste en chef mondial de Vanguard. Mais il nuance : à court terme, la capacité de l’IA à compenser les chocs d’offre sera déterminante.
États‑Unis : croissance soutenue, inflation persistante
Pour 2026, Vanguard anticipe :
- une croissance américaine autour de 2,25 %,
- un marché du travail stabilisé,
- un chômage sous les 4,5 %,
- une inflation durablement supérieure à 2 %.
Cette configuration limite la marge de manœuvre de la Réserve fédérale, qui pourrait maintenir ses taux proches de son niveau neutre estimé à 3,5 %.
Chine, Europe : trajectoires divergentes
- Chine : croissance attendue autour de 5 %, portée par l’IA malgré les défis structurels.
- Zone euro : croissance proche de 1 %, freinée par les droits de douane américains mais soutenue par les dépenses de défense et d’infrastructures.
- Inflation européenne : proche de l’objectif de 2 %, permettant à la BCE de maintenir une politique stable.
Des marchés actions sous tension : l’IA ne suffira pas
Vanguard se montre prudent face à l’enthousiasme actuel autour des valeurs technologiques américaines. Selon le rapport, les attentes de bénéfices sont déjà très élevées, tandis que l’impact concurrentiel de nouveaux entrants liés à l’IA pourrait peser sur la rentabilité du secteur.
Les projections de rendement pour les actions américaines sur 5 à 10 ans se situent entre 4 % et 5 %, un niveau modéré compte tenu des valorisations actuelles.
Les gagnants potentiels : obligations, actions de valeur et marchés internationaux
Vanguard identifie trois segments particulièrement attractifs pour les années à venir :
- Obligations américaines de haute qualité
- Rendements réels jugés attractifs
- Rôle de diversification en cas de déception liée à l’IA
- Actions américaines axées sur la valeur
- Bénéficiaires potentiels de l’essor économique induit par l’IA
- Actions des marchés développés hors États‑Unis
- Valorisation plus raisonnable
- Exposition aux gains de productivité mondiaux
« Même dans un contexte dominé par la technologie américaine, des opportunités plus intéressantes émergent ailleurs », souligne Joe Davis.
Un message central : rester diversifié
Vanguard réaffirme sa conviction historique : un portefeuille diversifié, combinant obligations de qualité et actions mondiales, reste la meilleure stratégie pour les investisseurs à long terme.






